Historiae sui temporis
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Historiae sui temporis
Identification et titres
Historiae sui temporis est une œuvre historiographique latine du XIe siècle, traditionnellement attribuée au moine Rodulfus Glaber, connu en français sous le nom de Raoul Glaber. Elle est également désignée par les titres Historiae, Historiarum libri quinque ou Historiarum libri quinque ab anno incarnationis 900 usque ad annum 1044. Les appellations françaises Chronique de l’an mil, Chronique, Histoire, Histoire universelle et Les histoires sont des désignations descriptives ou éditoriales, et ne constituent pas nécessairement les titres médiévaux de l’œuvre.
Nature et contenu
L’ouvrage se présente comme une histoire à portée universelle, centrée sur les événements du temps de l’auteur. Sa matière couvre principalement la période allant du début du Xe siècle jusqu’au milieu du XIe siècle, avec une attention particulière portée aux transformations religieuses et politiques de l’Occident latin. Le récit associe l’histoire des royaumes et des grands personnages à des considérations providentialistes, à des récits de prodiges et à une interprétation morale des événements.
La division traditionnelle en cinq livres explique le titre Historiarum libri quinque. L’œuvre n’est toutefois pas une chronique strictement annalistique : elle combine souvenirs contemporains, informations recueillies auprès de témoins ou de traditions antérieures, récits exemplaires et réflexions sur le sens chrétien de l’histoire. Son témoignage est particulièrement important pour la connaissance de la représentation médiévale des changements survenus autour de l’an mil, même si son récit doit être lu comme une construction historiographique et non comme un relevé neutre des faits.
Auteur, contexte et langue
Rodulfus Glaber est généralement identifié comme un moine et un chroniqueur actif dans plusieurs établissements monastiques de la France du XIe siècle. L’attribution de l’œuvre à ce personnage est solidement établie, bien que sa carrière et les conditions précises de rédaction demeurent en partie reconstituées à partir de sources indirectes et du texte lui-même. Les Historiae furent composées en latin au cours de la première moitié du XIe siècle, probablement par étapes. La tradition du titre long qui fait s’achever le récit en 1044 ne suffit pas, à elle seule, à fixer une date unique de composition ou de révision.
L’œuvre appartient au renouveau de l’écriture historique monastique de l’Occident latin. Elle constitue un témoignage majeur sur les mentalités, les discours religieux et les mémoires politiques du siècle précédant la réforme grégorienne. Sa réception moderne a souvent privilégié les passages relatifs à l’an mil, ce qui a contribué à faire de l’ouvrage une référence pour l’étude de cette période, tout en réduisant parfois sa portée historiographique générale.

Auteur/autrice
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