Humbert II (dauphin de Viennois, 1312-1355)
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Humbert II (dauphin de Viennois, 1312-1355)
Origines et accession au Dauphiné
Humbert II de Viennois, également appelé Humbert de La Tour-du-Pin, appartient à la maison de La Tour-du-Pin. Né en 1312, il est le fils du dauphin Jean II de Viennois et de Béatrice de Hongrie. Il succède à son frère Guigues VIII, mort en 1333, et devient alors dauphin de Viennois, comte d’Albon, seigneur de La Tour-du-Pin et baron de Faucigny. Son autorité s’exerce sur un ensemble de territoires alpins dont les rapports avec les comtes de Savoie, les évêques et les communautés urbaines sont souvent complexes.
Le gouvernement du Viennois
Le règne d’Humbert II est marqué par la volonté de renforcer l’administration et les ressources du Dauphiné, mais aussi par des difficultés financières et politiques. Comme ses prédécesseurs, il doit composer avec les ambitions de la Savoie et avec les privilèges des pouvoirs ecclésiastiques et urbains. Son gouvernement s’inscrit dans une période où les principautés alpines sont de plus en plus liées aux rivalités entre les royaumes de France et d’Angleterre ainsi qu’aux affaires pontificales.
Humbert épouse Marie des Baux. La disparition de son héritier contribue ensuite à fragiliser la succession de la principauté. Ses projets politiques et militaires, notamment dans le cadre des entreprises chrétiennes en Orient, aggravent sa situation financière. Il participe à l’expédition dirigée contre les Turcs à Smyrne, en 1345, sous l’autorité pontificale.
La cession du Dauphiné à la France
Ne disposant pas d’un héritier capable de lui succéder, confronté à des dettes importantes et soumis aux pressions de la monarchie française, Humbert II négocie la cession de ses États. Par le traité conclu à Romans en 1349, le Dauphiné est transféré à Charles, fils aîné du roi Jean II de France et futur Charles V. La cession est accompagnée de conditions destinées à préserver certaines particularités du pays : l’héritier de la couronne de France doit notamment porter le titre de dauphin et administrer le Dauphiné séparément du domaine royal.
Cette transaction constitue une étape majeure dans l’intégration du Dauphiné à l’espace politique français. Elle ne signifie toutefois pas une annexion immédiate et uniforme : les droits, libertés et arrangements locaux continuent de structurer le gouvernement de la principauté.
Les dernières années
Après la cession, Humbert II se retire de la vie politique. Il reçoit ensuite la dignité de patriarche latin d’Alexandrie, mais ne reconstitue pas une principauté comparable à celle qu’il a abandonnée. Il meurt en 1355. Avec lui s’éteint la lignée des dauphins indépendants de Viennois, tandis que le titre de dauphin devient durablement associé à l’héritier de la couronne de France.

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