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Île de Majorque (Baléares, Espagne)

Identification et localisation

Majorque est la plus vaste des îles Baléares, dans la Méditerranée occidentale, au large de la péninsule Ibérique. Elle constitue un territoire insulaire distinct de la ville de Palma, même si celle-ci en devient le principal centre urbain et politique au cours du Moyen Âge. Les formes transmises dans la documentation et l’usage historique comprennent Mallorca, Maiorca, Majorka, Malhòrca, Maljorka et Majorca. La forme latine Baliaris Maior, fournie pour cette notice, renvoie à la « grande » île de l’archipel des Baléares.

Un territoire insulaire aux dominations successives

À l’échelle du haut Moyen Âge, Majorque appartient à l’espace méditerranéen occidental issu de l’Antiquité tardive. L’île passe sous l’autorité byzantine au VIe siècle, dans le contexte de la reprise de contrôle impériale sur une partie des anciennes provinces romaines. Les informations relatives à sa situation politique entre la fin de la présence byzantine et la conquête musulmane sont moins continues.

Au début du Xe siècle, Majorque est intégrée à l’espace politique islamique d’al-Andalus. La conquête est généralement située en 902-903, et l’île est alors désignée sous le nom de Mayurqa ou sous des formes apparentées. La ville principale, établie sur le site de l’actuelle Palma, devient un centre administratif, urbain et portuaire majeur. L’île relève d’abord de l’émirat puis du califat de Cordoue, avant de connaître les transformations politiques d’al-Andalus, notamment l’existence de pouvoirs taïfas et la domination almoravide.

Conquête chrétienne et royaume de Majorque

La conquête catalano-aragonaise de 1229, conduite par Jacques Ier d’Aragon, met fin à la domination musulmane de l’île. Majorque est alors intégrée aux territoires de la Couronne d’Aragon. Le royaume de Majorque est constitué dans le cadre du partage dynastique des possessions de Jacques Ier et devient, à partir de 1276, le centre d’une monarchie liée à la maison de Majorque. Cette construction politique comprend également d’autres territoires, mais l’île en constitue le principal espace et le siège du pouvoir.

Le royaume connaît ensuite des rapports complexes avec la Couronne d’Aragon. Après la défaite de Jacques III de Majorque en 1349, Majorque est réunie aux possessions directement gouvernées par les rois d’Aragon. L’île conserve toutefois des institutions, des privilèges et une identité territoriale propres dans le cadre de la monarchie aragonaise. À la fin du Moyen Âge, elle appartient ainsi à l’espace politique et commercial de la Couronne d’Aragon, tout en demeurant un territoire insulaire clairement individualisé.

Auteur/autrice

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