Jean Philopon (0490?-0566?)
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Jean Philopon
Identité et milieu
Jean Philopon est un philosophe, commentateur d’Aristote et théologien chrétien de langue grecque, actif à Alexandrie au VIe siècle. Son nom grec, Philoponos, signifie généralement « ami du travail » ou « laborieux » et peut avoir été à l’origine un surnom. La forme latine Johannes Philoponus et les formes anglaises John Philoponus ou John Philiponus désignent la même figure.
Les dates traditionnellement retenues, vers 490-vers 566, restent approximatives. Jean fut associé au milieu philosophique alexandrin et aurait étudié auprès d’Ammonius fils d’Hermias, dont il prolongea et critiqua l’enseignement. Son activité se situe dans le contexte de la transmission chrétienne de la philosophie grecque, en particulier de l’œuvre d’Aristote.
Œuvre philosophique
Jean Philopon rédigea des commentaires sur plusieurs traités aristotéliciens, notamment sur la Physique, le De anima et les Catégories. Il ne se limita pas à expliquer le texte du philosophe : il en discuta certaines thèses et contribua à remettre en cause des interprétations néoplatoniciennes alors dominantes.
Ses analyses de la nature du mouvement, du changement et de la causalité eurent une influence durable dans les traditions byzantine, syriaque et arabe. Il défendit notamment une conception de l’impetus, ou force communiquée au projectile, souvent considérée comme un jalon important dans l’histoire de la réflexion sur le mouvement. Il critiqua également la doctrine aristotélicienne de l’éternité du monde et soutint la création du monde dans le temps.
Théologie et réception
Jean Philopon écrivit aussi des ouvrages théologiques, dans lesquels il chercha à articuler la foi chrétienne et les instruments conceptuels de la philosophie. Il est habituellement associé à une doctrine christologique et trinitaire jugée hétérodoxe par les autorités chalcédoniennes. Ses positions furent rapprochées du trithéisme, même si l’interprétation exacte de sa pensée et de son évolution demeure discutée.
Son influence s’exerça bien au-delà de l’Alexandrie du VIe siècle. Ses commentaires furent traduits ou utilisés dans les milieux syriaques et arabes, puis transmis indirectement à la philosophie médiévale. Certains textes autrefois attribués à Jean Philopon lui sont aujourd’hui contestés, tandis que d’autres ont circulé sous des noms d’emprunt, notamment celui de Cyrille d’Alexandrie.

Auteur/autrice
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