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Jean sans Peur, duc de Bourgogne

Origines et accession

Jean sans Peur est un prince français de la maison de Valois-Bourgogne, né en 1371 et mort en 1419. Il est le fils de Philippe le Hardi, premier duc de Bourgogne de cette branche, et de Marguerite de Flandre. Son mariage avec Marguerite de Bavière renforce les liens de la maison de Bourgogne avec les principautés de l’Empire.

À la mort de son père, en 1404, Jean lui succède comme duc de Bourgogne. Il hérite également d’un ensemble de possessions et de droits considérables, notamment en Flandre, en Artois, en Bourgogne et en Franche-Comté. Cette puissance territoriale et financière fait de lui l’un des principaux princes du royaume de France.

Le conflit avec le duc d’Orléans

Jean sans Peur intervient activement dans le gouvernement royal pendant la maladie mentale de Charles VI. Il s’oppose alors à Louis d’Orléans, frère du roi, dont l’influence à la cour concurrence la sienne. Le conflit entre les deux princes prend une dimension politique et dynastique : Jean se présente comme le défenseur des intérêts du royaume et de la réforme du gouvernement, tandis que ses adversaires dénoncent son ambition personnelle.

En novembre 1407, Louis d’Orléans est assassiné à Paris par des hommes agissant pour Jean sans Peur. Le duc reconnaît finalement sa responsabilité et fait justifier l’acte par le théologien Jean Petit, qui développe la doctrine du tyrannicide. Cet assassinat ouvre une longue guerre civile entre les Bourguignons, partisans de Jean, et les Armagnacs, regroupés autour de la famille d’Orléans et de ses alliés.

Guerre civile et rapprochement avec les Anglais

La faction bourguignonne exerce une forte influence à Paris, notamment lors de la crise des Cabochiens en 1413. Le mouvement réformateur et populaire qui soutient alors Jean sans Peur est toutefois vaincu, et le duc doit s’éloigner temporairement de la capitale. La rivalité entre les deux partis affaiblit durablement l’autorité monarchique, au moment où le royaume affronte la reprise de la guerre de Cent Ans.

Après la défaite française d’Azincourt en 1415, Jean sans Peur cherche à préserver les intérêts de ses territoires et à maintenir sa position dans le royaume. Ses relations avec les Anglais deviennent plus étroites, sans que son action puisse être réduite à une simple soumission à la monarchie anglaise. En septembre 1419, alors qu’il rencontre le dauphin Charles sur le pont de Montereau pour tenter de négocier une entente, il est assassiné par des hommes du prince. Sa mort entraîne le rapprochement de son fils Philippe le Bon avec le roi d’Angleterre et contribue à la conclusion du traité de Troyes en 1420.

Auteur/autrice

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