John Wycliffe (1330-1384)
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John Wycliffe
Identité et formation
John Wycliffe, également appelé John Wyclif, John Wiclef, Johann Wiclif ou Johannes de Wykliff, est un théologien, philosophe et ecclésiastique anglais de la seconde moitié du XIVe siècle. Il est généralement identifié comme l’une des figures majeures de la contestation religieuse en Angleterre avant la Réforme. Les notices le font naître vers 1330, parfois vers 1320, et mourir en 1384.
Wycliffe fut associé à l’université d’Oxford, où il étudia et enseigna la philosophie et la théologie. Sa pensée s’inscrit dans la tradition scolastique, tout en développant une critique de certaines pratiques et prétentions de l’Église latine. Il participa également aux débats politiques et ecclésiastiques de l’Angleterre de son temps, notamment autour des rapports entre l’autorité royale et la papauté.
Pensée théologique et critique de l’Église
Wycliffe soutint que l’autorité de l’Église devait être subordonnée à l’Écriture et que les biens ecclésiastiques pouvaient être retirés à un clerc ou à une institution qui manquerait gravement à sa mission. Il contesta aussi l’étendue du pouvoir pontifical dans les affaires temporelles. Ses écrits développèrent une conception exigeante de la pauvreté et de la responsabilité des clercs.
Dans ses dernières années, il formula des positions particulièrement critiques à l’égard de la doctrine eucharistique reçue dans l’Église latine. Ces prises de position suscitèrent l’opposition de nombreux théologiens et autorités ecclésiastiques. Elles contribuèrent à faire de lui une figure controversée, même si sa pensée ne se réduit pas à une simple rupture avec la scolastique.
Postérité et mouvement wycliffite
Wycliffe est traditionnellement associé à la diffusion d’une traduction anglaise de la Bible. La part exacte qu’il prit personnellement dans ce travail, ainsi que l’organisation des différentes traductions qui lui sont attribuées, font toutefois l’objet de distinctions nécessaires. Ses idées furent reprises par des prédicateurs et des groupes souvent désignés sous le nom de « lollards ». Ceux-ci défendirent une plus grande place de l’Écriture en langue vernaculaire et critiquèrent diverses pratiques du clergé.
Après sa mort, sa doctrine fut condamnée dans plusieurs cadres ecclésiastiques. Ses restes furent exhumés et brûlés en 1428, conformément à une décision prise plusieurs décennies après son décès. Son influence se prolongea néanmoins dans les débats religieux anglais et dans l’histoire des mouvements réformateurs de la fin du Moyen Âge.

Auteur/autrice
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