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Kīmiyā-i saʿādat

Identification et titre

Kīmiyā-i saʿādat — également transcrit Kīmiyā-yi saʿādat — est une œuvre religieuse et éthique en persan attribuée à Abū Ḥāmid Muḥammad ibn Muḥammad al-Ghazālī (1058-1111), théologien, juriste et penseur musulman d’origine persane. Son titre signifie « l’alchimie du bonheur » ou « l’alchimie de la félicité ». Les formes arabes ou turcisantes de la notice, telles que « Ghazzālī » ou « gazzâlî tûsî », renvoient au même auteur, al-Ghazālī, également associé à Ṭūs.

Nature et contenu

L’ouvrage expose les conditions de la réussite spirituelle et du salut selon une perspective islamique de tonalité morale et ascétique. Il présente notamment la connaissance de Dieu, les obligations et pratiques religieuses, l’examen des passions et des vices, ainsi que les vertus permettant la purification intérieure. Sa structure générale reprend l’organisation thématique caractéristique de la pensée morale d’al-Ghazālī.

La Kīmiyā-i saʿādat est généralement considérée comme une adaptation persane, plutôt qu’une traduction littérale, de thèmes développés dans l’Iḥyāʾ ʿulūm al-dīn (« Revivification des sciences de la religion »), vaste ouvrage arabe d’al-Ghazālī. Elle rend ainsi accessible en persan une synthèse de son enseignement sur la vie religieuse, la discipline de l’âme et la quête du bonheur véritable. Le terme d’« alchimie » désigne métaphoriquement une transformation intérieure : la conversion de l’existence ordinaire en chemin de perfection spirituelle.

Auteur, langue et contexte

L’attribution à al-Ghazālī est solidement établie. Né en 1058 et mort en 1111, celui-ci fut l’une des figures majeures de la pensée islamique médiévale. La composition de la Kīmiyā-i saʿādat appartient vraisemblablement à la dernière partie de sa vie, dans le contexte de son effort pour articuler savoir juridique, théologie, pratique dévotionnelle et expérience spirituelle. La date précise de rédaction n’est toutefois pas indiquée dans les données disponibles et demeure à distinguer des dates générales de la vie de l’auteur.

La langue originale est le persan, ce qui confère à l’œuvre une importance particulière dans la diffusion de la pensée d’al-Ghazālī au-delà des milieux savants utilisant principalement l’arabe. Son style associe l’exposé doctrinal, le conseil moral et l’instruction pratique. L’œuvre a ainsi occupé une place durable dans la littérature religieuse persane, sans que l’on puisse préciser ici l’ensemble de sa transmission manuscrite ou éditoriale.

Portée historique

La Kīmiyā-i saʿādat témoigne de la circulation médiévale des idées entre arabe et persan et de la volonté de présenter les sciences religieuses sous une forme accessible à un lectorat persanophone. Elle constitue, avec l’Iḥyāʾ, l’un des principaux ensembles associés à la réflexion d’al-Ghazālī sur la réforme de l’individu et l’orientation de la vie humaine vers la félicité.

Auteur/autrice

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