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La cité de Dieu

Identification et titres

La cité de Dieu est le titre français traditionnel du traité latin d’Augustin d’Hippone, connu sous le titre De civitate Dei ou, dans sa forme développée, De civitate Dei contra paganos. L’œuvre est également désignée comme De la cité de Dieu, Cité de Dieu et, dans plusieurs formes latinisées, Sancti Aurelii Augustini De civitate Dei libri XXII. Le titre City of God correspond à sa tradition anglaise.

Il s’agit d’une œuvre théologique, philosophique et historique en vingt-deux livres. Son auteur est Aurelius Augustinus, Augustin d’Hippone (354-430), évêque et écrivain chrétien latin. L’attribution à Augustin est solidement établie. La langue de composition est le latin.

Contexte et composition

Augustin rédige le traité dans le contexte des transformations et des crises de l’Empire romain tardif. Le sac de Rome en 410, accompli par les Wisigoths, avait nourri des critiques dirigées contre le christianisme : certains païens soutenaient que l’abandon des cultes traditionnels avait affaibli la puissance romaine et provoqué le malheur de la cité. La cité de Dieu répond à ces objections, tout en développant une réflexion plus vaste sur l’histoire humaine, la Providence et la destinée des sociétés.

La composition de l’œuvre s’étend sur plusieurs années, généralement situées entre 413 et 426. Cette datation d’ensemble est bien établie, même si la rédaction et la révision des différents livres ont été progressives. Le traité ne constitue donc pas une réponse ponctuelle, mais une construction intellectuelle de longue durée, qui associe polémique antipaïenne, exégèse biblique, théologie chrétienne et philosophie de l’histoire.

Structure et portée

Les dix premiers livres réfutent les prétentions religieuses et politiques du paganisme romain. Augustin y examine notamment les dieux traditionnels, les institutions de Rome et l’idée selon laquelle la prospérité de l’Empire dépendrait de leur culte. Les douze livres suivants proposent une histoire des deux « cités », la cité terrestre et la cité de Dieu. Ces expressions ne désignent pas simplement deux États ou deux territoires : elles renvoient à deux orientations fondamentales de l’amour et du désir, définies par le rapport à soi, au monde et à Dieu.

L’œuvre embrasse ainsi l’origine des anges et du mal, la création, l’histoire biblique, le développement des peuples, l’Incarnation, l’Église, la résurrection et le jugement dernier. La « cité de Dieu » apparaît comme une communauté spirituelle en pèlerinage dans le monde présent, tandis que la cité terrestre demeure marquée par l’amour de soi et la recherche des biens temporels. Cette conception a exercé une influence majeure sur la pensée chrétienne médiévale, sur l’interprétation de l’histoire et sur la réflexion politique et ecclésiologique.

Auteur/autrice

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