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Lignage Steenweeghs

Place dans les lignages de Bruxelles

Le lignage Steenweeghs, également attesté sous les formes Steenweghs et Steenweghe, est l’un des sept lignages de Bruxelles. Comme les autres lignages bruxellois, il désignait une communauté de familles admises à exercer un rôle dans la vie politique et civique de la ville. Son histoire est principalement connue par les listes d’admission et par les traditions généalogiques relatives aux familles qui lui furent rattachées.

La forme Uten Steenweeghs semble signifier « de la chaussée ». Des équivalents latins tels que Via lapidea ou de Platea sont également associés à ce nom. Cette appellation ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer avec certitude l’origine géographique ou sociale du lignage. Les formes onomastiques ont varié au cours du Moyen Âge et ont pu être portées par plusieurs familles ou par des branches issues d’un même groupe.

Origines et familles associées

Les origines du lignage sont difficiles à reconstituer. Un certain Esselinus, échevin de Bruxelles en 1204, est parfois considéré comme l’ancêtre commun de plusieurs familles liées aux formes Uten Steenweghe, de Platea ou à des noms apparus ultérieurement. Parmi ces familles figurent notamment les Esselen, les van der Noot et les Coninc. Cette reconstruction doit cependant être formulée avec prudence : la documentation disponible ne permet pas d’établir une filiation complète et incontestable entre Esselinus et chacune de ces lignées.

Le rattachement au Steenweeghs ne reposait pas nécessairement sur le seul port du nom Uten Steenweghe. Des familles portant des noms différents furent admises ou représentées dans le lignage, ce qui témoigne de la complexité des filiations lignagères bruxelloises. Les relations entre nom, parenté, succession dans le lignage et appartenance politique ne peuvent donc pas toujours être déduites directement des noms conservés dans les actes.

Le lignage au XIVe siècle

En 1376, vingt-six personnes sont inscrites au lignage Steenweeghs. Elles appartiennent notamment aux familles van der Noot, van Molenbeke, Esselen, t’Seraerts, Thonys alias Wisselere, van Meldert, de Neve, Halfhuys, t’Servrancx, de Mol, van Buysinghen, de Leeu dit Coviers, van Sinte-Goericx, Moers, Neeuken, Hermans et van Hoencourt. La famille désignée directement par le nom Uten Steenweghe n’est pas représentée dans cette inscription de 1376, bien que les familles Esselen, van der Noot et Coninc aient pu conserver une relation avec cette ancienne appellation.

Cette liste constitue un témoignage important sur la composition du lignage à la fin du XIVe siècle. Elle ne doit toutefois pas être interprétée comme un état exhaustif de toutes les familles qui lui étaient liées auparavant ou qui le furent par la suite. Les admissions, les transmissions et les changements de nom ont contribué à modifier sa composition.

Fonction militaire et continuité institutionnelle

Le lignage Steenweeghs participa également à la défense de Bruxelles. En 1383, le lignage Uten Steenweghe défendit la porte de Louvain. Cette mention atteste l’importance des lignages dans l’organisation militaire et la protection des accès urbains. En 1422, la défense de cette porte fut renforcée par la nation de Saint-Jean, dans un contexte où les responsabilités civiques pouvaient associer différentes communautés bruxelloises.

Les registres lignagers permettent de suivre la continuité de l’institution au-delà de la période médiévale, avec des indications pour les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le système ancien des lignages fut finalement supprimé en 1794 lors des transformations administratives imposées par la Révolution française. Cette évolution marque la fin de leur rôle institutionnel traditionnel, sans effacer pour autant la mémoire généalogique des familles qui s’en réclamaient.

Armes attribuées au lignage

Les armes associées au lignage Steenweeghs sont décrites comme un champ de gueules plain, c’est-à-dire les armes de Bruxelles, chargé de cinq coquilles d’argent rangées en croix. Le cimier est un buste de vieillard et les supports sont deux griffons. Cette composition doit être comprise comme l’emblème traditionnel attribué au lignage dans les armoriaux et les traditions héraldiques bruxelloises ; elle ne suffit pas à prouver que chaque famille admise portait individuellement ces armes.

Auteur/autrice

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