Maison d’Albert de Luynes
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Maison d’Albert de Luynes
Origines et implantation dans le Comtat Venaissin
La maison d’Albert de Luynes, d’abord connue sous le nom d’Albert, est une famille de la noblesse française dont l’implantation ancienne se situe dans le Comtat Venaissin. Les éléments documentaires les plus sûrs apparaissent au XVe siècle, dans l’espace administratif et politique formé par le Comtat, le bas Rhône et les provinces voisines.
L’origine plus reculée de la lignée demeure discutée. Plusieurs traditions ont voulu rattacher les Albert à une famille italienne Alberti, notamment à des membres de la noblesse florentine établis à Avignon après l’exil d’une partie de cette famille hors de Florence. Cette identification repose toutefois sur une homonymie et sur une continuité généalogique qui n’est pas démontrée par des actes suffisants. Une autre tradition a rapproché les Albert d’une ancienne famille du comté de Nice portant des armoiries comparables. Là encore, le rattachement ne peut être tenu pour établi.
Les premiers degrés documentés au XVe siècle
La filiation considérée comme prouvée remonte à Thomas Albert, nommé viguier royal de Pont-Saint-Esprit en 1415, puis viguier royal de Bagnols-sur-Cèze en 1420. Il acquit en 1434 la seigneurie de Boussargues. En 1447, il fut pourvu de la charge de bailli d’épée du Vivarais et du Valentinois. Il mourut le 24 août 1455.
Certains généalogistes ont identifié ce Thomas Albert avec un Thomas Alberti mentionné à Avignon en 1409 et avec un personnage nommé, en 1413, à une fonction de viguier royal. Cette reconstruction permettrait de relier la famille aux Alberti de Florence, mais aucun acte ne fournit une preuve complète de cette identité. Il faut donc distinguer le Thomas Albert attesté en France au XVe siècle, qui constitue le point de départ documentaire assuré, de la généalogie antérieure, qui reste hypothétique.
Les alliances attribuées aux générations des XVe et XVIe siècles montrent l’insertion progressive de la famille dans la noblesse régionale. Des unions avec les familles Félix, Dauvergne, Malingris, Sarrats et Ségur sont mentionnées, mais la reconstitution détaillée des premiers degrés doit être maniée avec prudence lorsque les actes originaux ou leur filiation continue ne sont pas explicitement établis.
De la famille Albert à la maison de Luynes
La transformation de la famille en grande maison princière intervient après la période médiévale. Charles d’Albert, né en 1578, devint le principal favori de Louis XIII et fut fait connétable de France. En 1619, la terre de Maillé, près de Tours, fut érigée en duché sous le nom de Luynes : ce titre fut désormais porté par l’aîné de la famille. Son frère Honoré d’Albert reçut quant à lui le duché de Chaulnes en 1621 et devint maréchal de France. Un autre frère, Léon d’Albert, fut duc de Piney.
Cette ascension explique l’adoption durable de la forme « d’Albert de Luynes ». Elle ne doit cependant pas être projetée rétrospectivement sur les générations médiévales, qui sont documentées sous le nom d’Albert. La filiation reliant directement les premiers Albert du XVe siècle aux branches ducales des XVIIe et XVIIIe siècles s’inscrit dans une tradition généalogique, mais certains degrés anciens restent moins solidement documentés que la descendance de Charles d’Albert.
Branches et continuité de la maison
La branche issue de Charles d’Albert conserva le duché de Luynes et reçut également le duché de Chevreuse, créé en 1667 puis transféré au comté de Montfort-l’Amaury. La branche issue d’Honoré d’Albert forma la lignée des ducs de Chaulnes, dont plusieurs représentants exercèrent des fonctions militaires et diplomatiques. La maison compta aussi des gouverneurs, des prélats, des mémorialistes et des savants.
Parmi ses membres figurent notamment Louis Charles d’Albert, deuxième duc de Luynes, écrivain religieux et proche des milieux jansénistes ; Charles-Philippe d’Albert, mémorialiste de la cour de Louis XV ; Paul d’Albert de Luynes, cardinal et archevêque de Sens ; ainsi que plusieurs ducs de Chaulnes ayant servi dans les armées royales. La famille est demeurée subsistante après la Révolution et a conservé le nom de d’Albert de Luynes. Le château de Luynes appartient encore à la maison, tandis que le château de Dampierre fut détenu par celle-ci de 1663 à 2018.

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