Maison d’Albon
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Maison d’Albon
Origines et implantation
La maison d’Albon, également appelée par certains généalogistes maison des Guigonides en raison de la fréquence des prénoms Guigues et Guy, est une lignée féodale établie dans le Viennois et le Dauphiné. Elle tire son nom du bourg d’Albon, dans l’actuelle Drôme, où se trouvait un centre fortifié probablement constitué dès le Xe siècle. La famille est attestée dans la région à partir de cette période et étend progressivement son influence vers le Grésivaudan, le Briançonnais et d’autres territoires alpins.
Les origines précises de la lignée demeurent toutefois incertaines. Les généalogies anciennes reposent en partie sur la continuité de l’anthroponyme Guigues et sur l’interprétation de chartes de donation. Un Guigues et son épouse Frédeburge sont notamment attestés à la fin du Xe siècle dans des actes liés à l’Église de Vienne et à l’abbaye de Saint-André-le-Bas. Leur descendance est généralement reconstituée à partir de ces documents, mais certains rattachements antérieurs au XIe siècle restent conjecturaux. L’ascendance de Frédeburge, en particulier, a fait l’objet de plusieurs hypothèses qui ne peuvent être tenues pour établies.
Ascension comtale
La puissance de la maison s’affirme au XIe siècle avec Guigues, dit Guigues le Vieux, qui porte le titre de comte et rassemble des possessions dans le Viennois, le Grésivaudan et le Briançonnais. Vers 1030, une partie méridionale de l’ancien comté de Vienne est constituée en comté d’Albon sous l’autorité de la famille. Cette implantation fournit aux Guigonides une base territoriale durable, située au débouché de la vallée du Rhône et à proximité des routes alpines.
Le développement de la maison s’appuie aussi sur des positions ecclésiastiques. Plusieurs membres de la famille deviennent évêques de Grenoble, de Valence ou archevêques de Vienne. Ces fonctions contribuent à renforcer les réseaux politiques et patrimoniaux des comtes, même si l’importance exacte de chaque prélat dans l’accroissement des biens familiaux varie selon les cas.
Les Guigonides acquièrent également des terres du Briançonnais au milieu du XIe siècle, dans le cadre de leurs relations avec le pouvoir impérial. Leur autorité s’étend ainsi d’un ensemble de possessions viennoises à une principauté alpine en voie de structuration.
Du comté d’Albon au Dauphiné de Viennois
Guigues IV, comte d’Albon, reçoit vers 1134 le surnom de « Dauphin ». Ce nom, probablement lié à l’emblématique delphin, devient progressivement celui de la principauté gouvernée par ses descendants : le Dauphiné de Viennois. Le titre de dauphin ne désigne donc pas à l’origine l’héritier du royaume de France, mais le prince territorial issu de la maison d’Albon.
La lignée aînée s’éteint en 1228 avec Béatrice d’Albon, dauphine de Viennois. Par ses mariages et sa succession, le Dauphiné passe alors à une autre maison princière, celle des Capétiens de Bourgogne. Cette transmission ne met pas fin à la présence des descendants des Guigonides dans l’aristocratie régionale, car des branches cadettes continuent de détenir des comtés et des seigneuries.
Au XIVe siècle, le Dauphiné et ses dépendances passent dans l’orbite de la monarchie française. La cession de 1349 à Philippe VI de Valois rattache le Dauphiné au domaine des rois de France, tout en maintenant ses usages et son titre princier. Le destin de la maison d’Albon est ainsi lié à la formation territoriale du Dauphiné puis à son intégration dans l’espace politique français.
Branches de Forez et de Beaujeu
Une branche cadette issue de Guigues Raymond d’Albon s’établit dans le Forez par son mariage avec Ide de Forez, héritière du comté. Elle forme la seconde maison de Forez et conserve une place importante dans la noblesse du centre-est du royaume. Ses descendants portent le titre de comte de Forez et contractent plusieurs alliances avec les maisons de Bourbon, de Savoie, d’Auvergne et d’autres lignages princiers.
Des rameaux issus de cette branche sont également associés aux seigneuries de Beaujeu, d’Amplepuis et de Montcoquier. La branche comtale de Forez se perpétue jusqu’en 1372, tandis que des branches apparentées de Beaujeu survivent au-delà de cette date. Ces prolongements expliquent que l’héritage politique et familial des Guigonides ne se limite pas à l’extinction de la lignée aînée d’Albon.
Nom et distinctions généalogiques
La maison d’Albon du Dauphiné ne doit pas être confondue automatiquement avec la famille d’Albon implantée en Lyonnais. La ressemblance des noms a conduit certains auteurs à proposer une origine commune, mais aucun rattachement n’est démontré de manière décisive. Un acte de 1297 mentionnant plusieurs chevaliers nommés d’Albon auprès du dauphin ne suffit pas, à lui seul, à établir une communauté de lignage. Les deux familles doivent donc être distinguées tant qu’une preuve généalogique plus solide n’est pas produite.
Les titres principalement associés à la maison sont ceux de comte d’Albon, de dauphin de Viennois et, pour ses branches cadettes, de comte de Forez ou de seigneur de Beaujeu. Les informations certaines sur ses armoiries ne permettent pas ici d’en proposer une description complète.

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