Maison d’Albret
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Maison d’Albret
Origines et implantation gasconne
La maison d’Albret est une lignée de la noblesse française dont le berceau se trouve à Labrit, dans les Landes actuelles, au cœur de la Gascogne. Les premiers domaines connus du lignage s’organisent autour de la seigneurie et du château de Labrit. Cette implantation, située entre les voies de circulation de l’intérieur gascon et les espaces littoraux, fournit aux Albret une base territoriale à partir de laquelle ils accroissent progressivement leur puissance.
Au cours du Moyen Âge central, leur domaine s’étend vers l’océan Atlantique et la Garonne, atteinte au milieu du XIIIe siècle. Cette progression repose sur l’acquisition ou le contrôle de terres et de droits seigneuriaux, mais aussi sur la capacité du lignage à intervenir dans les conflits régionaux. Les Albret apparaissent ainsi comme une famille dont l’ascension est d’abord étroitement liée aux équilibres politiques de la Gascogne.
Expansion et affirmation politique
Les Albret prennent part aux luttes qui touchent le Midi de la France, notamment à la guerre contre les Albigeois (1209-1229). Leur histoire est ensuite liée à la guerre de Cent Ans. Comme d’autres lignages gascons, ils adaptent leur politique aux rapports de force entre les couronnes de France et d’Angleterre. Arnaud-Amanieu d’Albret, mort en 1401, combat un temps dans le camp anglais. Cette orientation n’empêche pas la famille de se rapprocher ensuite de la monarchie française lorsque celle-ci devient la puissance la plus favorable à ses intérêts.
En 1402, Charles Ier d’Albret reçoit du roi Charles VI la dignité de connétable de France. Cette charge marque la place acquise par le lignage dans l’entourage royal. Les faveurs accordées par Charles VI, puis par Charles VII, favorisent une nouvelle phase d’expansion. En 1470, les Albret héritent du comté de Périgord et de la vicomté de Limoges. Leur puissance leur permet également de faire valoir, pendant un temps, des prétentions liées à la succession du duché de Bretagne.
L’accession à la couronne de Navarre
L’ascension des Albret atteint un sommet à la fin du XVe siècle. Jean d’Albret épouse Catherine de Foix, héritière de la couronne de Navarre. Par cette union, célébrée en 1484, la maison d’Albret accède à la royauté navarraise. Jean devient roi consort sous le nom de Jean III, tandis que Catherine exerce la souveraineté en tant que reine de Navarre.
Le couple reçoit un héritage politique considérable, comprenant notamment la Navarre, le Béarn, le comté de Foix, la Bigorre et les territoires de Tartas. D’autres possessions sont associées à la puissance du lignage, parmi lesquelles Castres et Dreux. La domination des Albret ne repose donc pas seulement sur un ensemble de terres gasconnes : elle s’inscrit désormais dans un espace politique pyrénéen et aquitain de première importance.
Leur fils Henri II de Navarre poursuit cette trajectoire. Élevé à la cour de France et lié à François Ier, il épouse Marguerite d’Angoulême, sœur du roi. Cette alliance rapproche encore la maison d’Albret de la dynastie française et renforce son influence à la cour.
Jeanne d’Albret et l’héritage dynastique
Jeanne d’Albret, fille d’Henri II et de Marguerite d’Angoulême, devient reine de Navarre en 1555, hors de la période médiévale proprement dite. Son mariage avec Antoine de Bourbon rattache la succession navarraise à une branche capétienne. Leur fils Henri de Navarre, né de cette union, accédera au trône de France en 1589 sous le nom d’Henri IV, recueillant également la couronne de Navarre.
La maison d’Albret ne conserve toutefois pas l’intégralité de son royaume. La Navarre est envahie en 1512, et les souverains issus du lignage ne gardent finalement que la partie située au nord des Pyrénées, appelée Basse-Navarre. L’accession de Jeanne constitue la dernière étape où une souveraine porte directement le nom d’Albret sur le trône navarrais. La continuité dynastique se prolonge ensuite par les Bourbon, tandis que l’ascension médiévale des Albret demeure l’un des exemples les plus marquants de l’élévation d’un lignage gascon jusqu’à la souveraineté.

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