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Maison de Glücksbourg

Nom et origine dynastique

La maison de Glücksbourg, ou maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg, est une branche de la maison d’Oldenbourg. Elle tire son nom du château de Glücksbourg, situé dans l’actuel Schleswig-Holstein. Son histoire ne relève donc pas directement du haut Moyen Âge : la lignée apparaît dans le contexte politique des duchés de Schleswig et de Holstein à la fin du Moyen Âge et surtout au XVIe siècle.

En 1460, le duché de Schleswig et le comté de Holstein passent sous l’autorité de Christian Ier, roi de Danemark, de Norvège et de Suède, sans que le château de Glücksbourg existe encore. En 1564, Frédéric II de Danemark attribue à son frère Jean le Jeune le duché de Schleswig-Holstein-Sonderbourg. Jean fait ensuite édifier le château de Glücksbourg, qui devient le centre résidentiel de sa branche et donne son nom à la lignée.

La première maison de Glücksbourg

À la mort de Jean le Jeune, en 1622, son fils cadet Philippe lui succède. Les descendants de celui-ci forment la première maison de Glücksbourg, une lignée ducale issue de la maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg. Elle conserve le duché et le château dans le cadre complexe des partages successoraux qui caractérisent les possessions des branches d’Oldenbourg.

Cette première maison s’éteint au XVIIIe siècle. La date de 1779 est généralement retenue pour la fin de la succession masculine de la branche ducale, après la mort du duc Frédéric II, mais la transmission du nom et des droits dynastiques est compliquée par la survivance de parentes et par les arrangements successoraux ultérieurs. Le duché revient alors dans la sphère de la monarchie danoise.

La seconde maison et la succession de Beck

Une autre branche des Schleswig-Holstein-Sonderbourg s’était constituée au XVIIe siècle autour d’Auguste-Philippe, fils cadet d’Alexandre de Schleswig-Holstein-Sonderbourg. Après l’acquisition du manoir de Beck en Westphalie, cette branche adopte la désignation de Schleswig-Holstein-Beck. Elle fournit la continuité dynastique à partir de laquelle le nom de Glücksbourg est relevé au XIXe siècle.

En 1825, Frédéric-Guillaume de Schleswig-Holstein-Beck reçoit du roi Frédéric VI de Danemark le château de Glücksbourg et prend le titre de duc de Schleswig-Holstein-Glücksbourg. Cette restauration nominale est à l’origine de la seconde maison de Glücksbourg. Il convient toutefois de distinguer cette seconde maison, issue de la branche de Beck, de la première maison ducale, qui s’était éteinte auparavant.

Une maison royale européenne

La seconde maison de Glücksbourg acquiert une importance européenne lorsque Christian de Schleswig-Holstein-Glücksbourg devient roi de Danemark en 1863 sous le nom de Christian IX. La même année, son fils Guillaume est élu roi des Hellènes sous le nom de Georges Ier. La famille se trouve ainsi placée à la tête de deux monarchies, danoise et grecque.

En 1905, le prince Charles de Danemark devient roi de Norvège sous le nom de Haakon VII, après la séparation de la Norvège et de la Suède. Par les mariages et les descendances de ses membres, la maison est également apparentée à plusieurs dynasties européennes. Le prince Philippe de Grèce, issu de la branche grecque, épouse en 1947 la princesse Élisabeth du Royaume-Uni. Leur descendance règne ensuite au Royaume-Uni, même si la famille royale britannique utilise principalement les noms de Windsor et de Mountbatten-Windsor.

La monarchie grecque est abolie en 1973 à la suite d’un référendum. La maison conserve cependant une place importante dans l’histoire dynastique du Danemark, de la Norvège et du Royaume-Uni. Son rôle historique repose donc sur la transformation d’une branche ducale d’Oldenbourg en une lignée liée à plusieurs monarchies européennes.

Auteur/autrice

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