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Maison de Pazzi

Origines et implantation florentine

La maison de Pazzi est une famille noble de Florence, attestée dans la vie politique, militaire et économique de la cité dès le Moyen Âge central. Ses origines anciennes demeurent discutées. Des traditions florentines lui attribuent soit une ascendance romaine, par la gens Paccia, soit une origine fiesolane, liée à l’installation à Florence de familles déplacées après la soumission de Fiesole. Cette seconde hypothèse repose notamment sur une comparaison entre les anciennes armoiries des Pazzi, qui représentaient six lunes, et celles associées à Fiesole. Ces traditions ne permettent toutefois pas d’établir avec certitude une filiation antique.

Les généalogies traditionnelles font apparaître, parmi les premiers ancêtres nommés, Ildebrando de Pazzo, notaire impérial à Florence à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, puis Pazzo de’ Pazzi, vivant au XIIe siècle. La continuité généalogique des générations les plus anciennes reste partiellement incertaine. La famille se distingue ensuite dans les affrontements entre factions florentines. Jacopo de’ Pazzi, dit l’Ancien, mourut à la bataille de Montaperti en 1260. Ses descendants furent associés au parti guelfe noir et aux Donati. Un Pazzino de’ Pazzi apparaît également comme homme d’armes ayant suivi Charles de Valois après le départ de celui-ci de Florence.

Commerce, finance et ascension sociale

La puissance des Pazzi reposa autant sur leur activité politique que sur le commerce et la finance. En 1303, ils fondèrent avec la famille Franzesi une maison de négoce et de banque, dont les relations s’étendaient notamment vers la France. Comme d’autres lignées florentines, ils transformèrent ainsi la réussite marchande en influence civique, en patrimoine immobilier et en prestige familial.

La tradition florentine distinguait les Pazzi de Florence d’une famille homonyme du Valdarno, tenue pour gibeline. Les liens de parenté entre les deux groupes ne furent pas retenus par les Pazzi florentins. Certains membres de la maison furent par ailleurs associés à des épisodes de violence politique ou de trahison. Dante cite Carlino de’ Pazzi parmi les traîtres à la patrie dans l’Enfer, tandis que d’autres membres de la famille apparaissent dans le même poème. Ces mentions littéraires ont contribué à fixer une mémoire ambivalente de la lignée.

Le mécénat et la chapelle des Pazzi

La prospérité de la maison permit un important mécénat religieux et artistique. Andrea de’ Pazzi, né en 1372 et mort en 1445, commanda à Filippo Brunelleschi une chapelle destinée à la basilique Santa Croce de Florence. Connue sous le nom de chapelle des Pazzi, elle fut achevée vers le milieu du XVe siècle et devint l’un des monuments les plus remarquables de l’architecture florentine de la première Renaissance.

Cette fondation exprimait à la fois la dévotion familiale, le souci de mémoire lignagère et la volonté d’affirmer le rang des Pazzi dans la société florentine. Au milieu du XVe siècle, la famille comptait plusieurs hommes engagés dans les affaires publiques, parmi lesquels Antonio, Piero et Andrea de’ Pazzi. La génération suivante fut toutefois marquée par l’affrontement avec les Médicis, devenus la force dominante de Florence.

La conjuration de 1478 et le déclin politique

Le conflit entre les deux maisons atteignit son point culminant lors de la conjuration des Pazzi. Le 26 avril 1478, Francesco de’ Pazzi et ses complices attaquèrent Julien et Laurent de Médicis dans la cathédrale Santa Maria del Fiore. Julien fut tué de dix-neuf coups de couteau, tandis que Laurent parvint à se réfugier dans la sacristie et survécut. Le complot fut rapidement découvert. Francesco, Jacopo et Renato de’ Pazzi furent exécutés, et l’archevêque de Pise, dont la présence à Florence avait servi de couverture à l’opération, fut tué par la foule. Guglielmo de’ Pazzi, époux de Bianca de’ Medici, fut épargné mais condamné à l’exil perpétuel.

Les biens de la famille furent confisqués et le nom des Pazzi fut momentanément frappé d’interdit dans la cité. La branche dirigeante perdit ainsi une grande partie de son influence. La chute des Médicis en 1494 permit aux Pazzi de revenir à Florence et de récupérer certains biens, mais cet épisode est postérieur à la période médiévale retenue ici. À la veille de 1492, la conjuration avait déjà durablement transformé la mémoire de la maison : d’une grande famille de marchands, de financiers et de mécènes, elle était devenue, dans l’histoire florentine, le symbole d’une opposition tragique au pouvoir médicéen.

Auteur/autrice

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