Maison d’Enghien
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Maison d’Enghien
Origines et implantation
La maison d’Enghien est une famille féodale originaire de l’ancien pagus de Brabant, dont la première mention connue remonte à la fin du XIe siècle. Elle s’imposa progressivement parmi les principales lignées aristocratiques du duché de Brabant et du comté de Hainaut. Son centre de pouvoir était la terre et seigneurie d’Enghien, espace situé à la frontière des deux principautés.
Cette situation frontalière détermina la position politique de la famille. Les seigneurs d’Enghien tenaient en effet des possessions relevant tantôt du duc de Brabant, tantôt du comte de Hainaut. La seigneurie était ainsi composée de villages dépendant de l’un ou l’autre pouvoir, distinction qui explique les contestations relatives à la suzeraineté et les conflits opposant les deux princes. Les titres conservés par l’administration comtale du Hainaut ont parfois conduit à présenter Enghien comme une terre relevant directement du comte ; la réalité féodale apparaît toutefois partagée entre les deux autorités.
Puissance féodale et branches
Les Enghien occupaient une place éminente dans la hiérarchie militaire du Brabant. Leur bannière figurait parmi les premières du duché, notamment lors de la bataille de Worringen en 1288. Leur puissance reposait sur un ensemble de seigneuries, de châtellenies et de droits féodaux répartis dans le Brabant et le Hainaut.
La lignée se divisa en plusieurs rameaux. La branche aînée conserva la seigneurie d’Enghien. Une branche cadette, issue d’Engelbert V d’Enghien, mort en 1271, détenait la seigneurie d’Havré et la châtellenie de Mons par le mariage d’Engelbert avec Ide ou Julianne de Mons. D’autres rameaux sont associés à Braine, Kestergate, La Motte et Presles. Ces branches témoignent de la dispersion des intérêts de la maison, mais aussi de la complexité des filiations, certaines étant issues de lignées bâtardes.
La branche d’Havré conserva sa seigneurie jusqu’au début du XVe siècle. Celle-ci fut cédée le 28 avril 1423 à Christophe de Harcourt. La branche s’éteignit en 1427 avec la disparition de Jacques d’Enghien, seigneur notamment de Fagnolles, de Braine-l’Alleud et de Plancenoit. Son frère Gérard IV, mort en 1420, avait exercé une importante activité militaire et avait levé bannière à la bataille de Roosebeke en 1382, sans toutefois pouvoir recueillir la seigneurie d’Havré.
Transmission de la baronnie d’Enghien
La terre d’Enghien comptait parmi les quarante-quatre baronnies du comté de Hainaut. À la mort de Louis d’Enghien en 1394, la baronnie passa à la maison de Luxembourg. Cette transmission marqua la fin de la maîtrise directe de la seigneurie par la lignée principale des Enghien, même si le nom et les alliances de la famille continuèrent à jouer un rôle dans l’aristocratie régionale.
En 1485, la baronnie passa à la maison de France. Cette évolution, intervenue à la fin du Moyen Âge, s’inscrit dans le mouvement de concentration des seigneuries hennuyères entre les mains de grandes maisons princières. La seigneurie fut finalement revendue en 1606 aux ducs d’Arenberg, événement postérieur à la période médiévale.
Armes et mémoire héraldique
Les armes traditionnellement attribuées à la maison d’Enghien sont un gironné d’argent et de sable de dix pièces, chaque giron de sable étant chargé de trois croisettes recroisettées au pied fiché d’or. Cette composition est attestée dans des armoriaux médiévaux, notamment dans l’armorial de Gelre, réalisé entre 1370 et 1395. Les représentations héraldiques montrent également des variations de cimier et d’ornements, en particulier lorsque les armes sont associées à une fonction ou à une appartenance institutionnelle.
Les rameaux cadets portaient des variantes du gironné familial. Les seigneurs d’Havré sont ainsi associés à un gironné d’or et de gueules de dix pièces, tandis que les Enghien-Braine employaient une composition proche, avec des couleurs différentes. Ces armes furent reprises ou adaptées par plusieurs communautés et institutions locales du Hainaut, notamment dans des sceaux échevinaux et des emblèmes communaux.
Postérité dynastique
La disparition de la lignée seigneuriale principale n’effaça pas l’importance historique des Enghien. Des alliances et transmissions successorales rattachèrent leur héritage à de puissantes maisons, parmi lesquelles les Luxembourg et les Bourbon. La maison de Bourbon-Condé porta ensuite le titre de duc d’Enghien jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. La mémoire de la famille subsiste également dans la toponymie, les sceaux et les armoiries de plusieurs localités de l’ancien espace brabançon et hennuyer.

Auteur/autrice
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