Maison d’Ursel
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Maison d’Ursel
Origines et implantation
La maison d’Ursel est une famille de la noblesse belge dont l’histoire remonte à la famille Schetz, issue d’un milieu bourgeois de Schmalkalden, en Thuringe, dans l’espace de la Hesse. Les premiers membres connus s’établirent à Hasselt et à Maastricht au cours du XVe siècle, avant qu’une branche ne gagne Anvers au début du XVIe siècle.
Le plus ancien ancêtre attesté est Gaspar Schetz, bourgeois de Schmalkalden, mentionné entre 1450 et 1468. Son fils Conrard Schetz est encore cité jusqu’au 4 juillet 1498. Il exerça la charge de maître des monnaies du prince-évêque de Liège et épousa Marie Crans. Leur fils Erasme Schetz, né vers 1480, devint le véritable fondateur de la branche brabançonne. Cette ascension illustre le rôle joué, à la fin du Moyen Âge, par des familles de marchands et d’officiers dans la formation des élites urbaines des Pays-Bas méridionaux.
Les Schetz à Anvers et dans le Brabant
Érasme, ou Erasmus, Schetz s’imposa à Anvers parmi les principaux marchands et patriciens de la ville. Ses activités portèrent notamment sur le commerce des métaux et du sucre. Il obtint son anoblissement en 1527 et acquit en 1545 la seigneurie de Grobbendonk. Ces éléments sont postérieurs à 1492, mais ils prolongent directement l’implantation familiale formée au siècle précédent et expliquent le passage d’une bourgeoisie marchande à une maison seigneuriale.
Son fils aîné, Gaspar Schetz, né en 1513, poursuivit cette politique d’ascension. Marchand de grande envergure, il devint en 1560 trésorier général des Pays-Bas. Héritier de Grobbendonk, il agrandit également son patrimoine par l’acquisition de terres à Wezemaal, Heyst et Hingene. Son mariage avec Catherine van Ursel, fille de Lancelot van Ursel, bourgmestre d’Anvers, établit le lien décisif entre les Schetz et le nom d’Ursel.
Du nom Schetz au nom d’Ursel
La branche qui prit le nom d’Ursel descend de Conrard Schetz, né en 1553 et mort en 1632, seigneur d’Hingene et baron d’Hoboken à partir de 1600. Conseiller et commis des finances, il fut également diplomate des archiducs et ambassadeur résident à Londres. Par l’adoption opérée par Barbara van Ursel, sa parente par alliance et maîtresse du béguinage d’Anvers, il reprit officiellement le nom d’Ursel en 1617.
Cette transformation nominale ne constitue donc pas l’apparition d’une famille entièrement nouvelle, mais la continuation, sous un autre nom, d’une branche des Schetz. Le rattachement aux van Ursel d’Anvers est lié à une transmission familiale précise, tandis que l’ancienne ascendance Schetz demeure le socle généalogique de la maison.
Ascension nobiliaire et continuité
La descendance de Conrard d’Ursel connut une ascension rapide dans la noblesse des Pays-Bas méridionaux. Son fils Conrard d’Ursel fut élevé au rang de comte du Saint-Empire en 1638. Son arrière-petit-fils Conrard-Albert reçut en 1717 le titre de duc d’Hoboken, titre sous lequel la famille fut surtout connue comme maison ducale d’Ursel.
La branche issue d’Antoine Schetz, frère cadet de Conrard, conserva pour sa part le nom de Schetz. Antoine, officier militaire, défendit Bois-le-Duc et participa à la défense de Louvain en 1635. La terre de Grobbendonk fut érigée en baronnie en 1602, puis en comté en 1637. Cette lignée s’éteignit en 1726, ses biens revenant à la branche aînée d’Ursel.
À partir du XVIIIe siècle, les d’Ursel comptèrent parmi les grandes familles aristocratiques des Pays-Bas méridionaux, puis de la Belgique. La maison conserva notamment des possessions et résidences liées à Hingene, Grobbendonk et Hermalle-sous-Huy. La Révolution française et l’endettement fragilisèrent toutefois sa fortune. Au XIXe siècle, Charles-Joseph d’Ursel exerça des responsabilités municipales, ministérielles et parlementaires, assurant la continuité de la maison dans le nouvel État belge.

Auteur/autrice
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