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Malleus maleficarum

Identification et nature de l’œuvre

Malleus maleficarum est un traité latin consacré à la sorcellerie, à la démonologie et aux procédures judiciaires dirigées contre les personnes accusées de maléfice. Son titre, généralement traduit par Marteau des sorcières, désigne une œuvre normative et polémique de la fin du Moyen Âge, destinée à établir la réalité de la sorcellerie et à fournir aux autorités religieuses et judiciaires des arguments pour la poursuivre.

L’ouvrage est divisé en trois parties. Il examine successivement les fondements théologiques et démonologiques du maléfice, les pratiques attribuées aux sorcières et les moyens de détection, d’interrogatoire et de jugement. Cette organisation associe donc discussion doctrinale, récit d’exemples et manuel de procédure, sans que l’œuvre constitue pour autant un code juridique officiel de l’Église.

Auteur et attribution

Le traité est principalement associé au dominicain Heinrich Kramer, également appelé Henricus Institoris (vers 1430-1505), inquisiteur actif dans les territoires germaniques. Les formes bibliographiques mentionnent fréquemment Jakob Sprenger (vers 1436 ou 1438-1495), lui aussi dominicain, comme co-auteur. Cette double attribution appartient à la tradition de diffusion de l’ouvrage, mais la part exacte de Sprenger dans sa rédaction est discutée et ne doit pas être tenue pour également établie. Kramer est généralement considéré comme la figure centrale de la composition et de la promotion du traité.

Datation, langue et transmission

Le Malleus maleficarum fut composé et publié à la fin du XVe siècle, sa première impression étant généralement datée de 1486-1487. Il est rédigé en latin. La diffusion imprimée, très précoce, explique la diversité des formes de titre relevées dans les catalogues : Malleus maleficarum, Malleus maleficarum in tres divisus partes, ainsi que des titres développés comme Mallei maleficarum tractatus aliquot novi ac veteres ou Malleorum quorundam maleficarum … tomi duo. Ces dernières formulations peuvent renvoyer à des éditions ou à des recueils qui associent le traité à d’autres textes sur la sorcellerie ; elles ne désignent donc pas nécessairement une version médiévale distincte de l’œuvre.

Portée historique

L’ouvrage témoigne de la construction savante de la figure de la sorcière dans les milieux ecclésiastiques et judiciaires de la fin du Moyen Âge. Il ne suffit pas, à lui seul, à expliquer les persécutions ultérieures, mais il constitue un témoignage important sur les raisonnements théologiques, les catégories démonologiques et les techniques de procédure mobilisés dans les débats de son temps. Sa réputation et ses réimpressions ont surtout marqué l’histoire moderne de la démonologie et des chasses aux sorcières.

Auteur/autrice

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