Philippe de Souabe (roi des romains, 1177?-1208)
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Philippe de Souabe
Origines et titres
Philippe de Souabe, ou Philippe de Hohenstaufen, naît en 1177 et meurt en 1208. Il est le cinquième fils de l’empereur Frédéric Ier Barberousse et de Béatrice de Bourgogne, ainsi que le frère cadet de l’empereur Henri VI. Membre de la dynastie des Hohenstaufen, il devient duc de Souabe en 1196, à la suite de la mort de son neveu Frédéric de Souabe.
Avant son accession au trône germanique, Philippe est également associé au titre de duc de Toscane, qui lui est attribué dans le cadre de la politique dynastique de son frère Henri VI. Cette désignation ne doit toutefois pas être comprise comme l’exercice d’une autorité effective et durable sur l’ensemble de la Toscane.
L’élection comme roi des Romains
La mort d’Henri VI, en 1197, ouvre une crise successorale. Son fils Frédéric, encore enfant, est reconnu en Sicile, mais les princes de l’Empire ne s’accordent pas sur sa succession dans le royaume germanique. Pour défendre les intérêts des Hohenstaufen, Philippe est élu roi des Romains à Mühlhausen en 1198. Il est couronné à Mayence la même année.
Cette élection est contestée par une partie des princes, qui choisissent également Otton de Brunswick, futur Otton IV. La rivalité entre les deux souverains provoque une longue lutte politique et militaire, à laquelle se mêle le pape Innocent III. Celui-ci soutient Otton, notamment parce que la puissance des Hohenstaufen en Italie et en Sicile lui paraît menacer l’équilibre pontifical.
Règne et politique
Philippe cherche à consolider sa position par la négociation avec les princes et par des alliances matrimoniales. Son mariage avec Irène Ange, fille de l’empereur byzantin Isaac II Ange, renforce les liens entre les Hohenstaufen et la dynastie impériale de Constantinople. Malgré l’opposition d’Otton et du pape, Philippe obtient progressivement l’appui d’une partie importante de l’aristocratie impériale.
En 1208, alors que sa position semble s’affermir, il est assassiné à Bamberg par le comte palatin bavarois Otton VIII de Wittelsbach. Ce meurtre entraîne l’effondrement de la cause des Hohenstaufen dans l’immédiat. Otton IV est reconnu comme roi, avant d’être lui-même renversé quelques années plus tard au profit de Frédéric II, le neveu de Philippe.
Postérité
Philippe de Souabe demeure une figure centrale de la crise dynastique qui suit la disparition d’Henri VI. Son règne, interrompu avant son couronnement impérial, illustre les tensions entre l’élection princière, les ambitions dynastiques des Hohenstaufen et l’intervention pontificale dans les affaires de l’Empire.

Auteur/autrice
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