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Philippiques

Identification et titres

Les Philippiques sont un ensemble de quatorze discours politiques de Marcus Tullius Cicero, dit Cicéron, dirigés contre Marc Antoine. Le titre latin le plus courant est Orationes Philippicae ou In M. Antonium orationes Philippicae XIV. On rencontre également les formes Philippicae, Philippics, Antonian orations et In M. Antonium. Le nom de l’œuvre fait écho aux discours de Démosthène contre Philippe II de Macédoine.

Nature et contexte historique

L’œuvre appartient au genre de l’éloquence politique et judiciaire romaine. Elle s’inscrit dans la crise qui suit l’assassinat de Jules César, survenu aux ides de mars 44 av. J.-C. Cicéron y attaque la politique de Marc Antoine, alors l’un des hommes les plus puissants de la République, et défend une conception du Sénat, des institutions républicaines et de l’autorité politique fondée sur la tradition romaine.

Les discours furent composés et, pour une partie d’entre eux, prononcés entre 44 et 43 av. J.-C. Leur succession accompagne les affrontements politiques et militaires qui opposent Antoine au Sénat et aux forces réunies autour d’Octavien et des consuls. Le deuxième discours, particulièrement célèbre pour la violence de son invective, fut diffusé sous forme écrite plutôt que prononcé devant le Sénat. Le corpus ne constitue donc pas une simple série de comptes rendus sténographiques : il comprend des textes élaborés ou remaniés pour la publication.

Auteur, langue et portée

L’attribution à Cicéron est solidement établie. Rédigées en latin, les Philippiques représentent l’un des derniers grands ensembles de son éloquence et un témoignage majeur sur la fin de la République romaine. Elles associent argumentation institutionnelle, construction de l’image de l’orateur et attaques personnelles contre Marc Antoine. Leur publication contribua à fixer la mémoire cicéronienne de la crise politique des années 44-43 av. J.-C.

Transmission et réception médiévale

Comme de nombreuses œuvres de Cicéron, les Philippiques furent conservées par la transmission manuscrite latine et demeurèrent disponibles aux lecteurs médiévaux lettrés. Leur intérêt pour l’histoire de la rhétorique, de la langue latine et de la pensée politique s’est prolongé dans l’enseignement et la lecture humanistes. Elles relèvent toutefois de l’Antiquité romaine, et non de la production médiévale proprement dite.

Auteur/autrice

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