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Philobiblon

Identification et titre

Philobiblon est un traité médiéval consacré à l’amour des livres, à leur usage et à la constitution d’une bibliothèque. Le titre canonique est également attesté sous les formes Philobiblion et Philobiblon sive De amore librorum. Une forme développée, Philobiblon sive De amore librorum et institutione bibliothecae tractatus pulcherrimus, met explicitement en avant le rapport entre l’amour des livres et l’organisation d’une bibliothèque. Les catalogues emploient aussi des titres descriptifs ou traduits, tels que « excellent traité sur l’amour des livres », Filobiblion ou Philoblen.

Auteur, langue et datation

L’œuvre est généralement attribuée à Richard de Bury (1287-1345), évêque de Durham et grand collectionneur de livres. Cette attribution est suffisamment établie pour être retenue, même si l’histoire de la transmission textuelle peut présenter des difficultés propres aux œuvres médiévales. Le Philobiblon est rédigé en latin et est habituellement daté de la fin de la vie de Richard de Bury, autour de 1345.

Nature et contenu

Le texte relève à la fois du traité moral, de l’éloge des livres et de la réflexion sur les pratiques savantes. Il présente le livre comme un instrument de connaissance, de formation intellectuelle et de transmission de la mémoire. L’auteur y défend la recherche, l’acquisition, la conservation et la lecture des ouvrages, tout en s’intéressant aux conditions matérielles et institutionnelles nécessaires à leur rassemblement.

La composition, organisée en chapitres, associe considérations personnelles, recommandations générales et réflexion sur les devoirs des lecteurs et des détenteurs de livres. Le projet de bibliothèque qui s’y exprime ne se réduit pas à une collection privée : il participe d’un idéal de mise à disposition du savoir au bénéfice des clercs et des étudiants. Le texte témoigne ainsi de la place croissante du livre dans les milieux ecclésiastiques et intellectuels de la fin du Moyen Âge.

Portée historique

Le Philobiblon constitue un témoignage important sur la culture livresque occidentale du XIVe siècle, notamment sur la valeur intellectuelle et morale accordée aux livres par un prélat et bibliophile. Son intérêt tient autant à son éloge de la lecture qu’à la conception de la bibliothèque comme instrument durable de conservation et de transmission. L’œuvre a connu une large réception ultérieure, attestée par la diversité de ses formes de titre et par ses traductions.

Auteur/autrice

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