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Photius Ier

Identité et carrière

Photius Ier, également appelé Photios ou Fṓtios, fut patriarche de Constantinople et l’une des figures majeures de l’Église byzantine au IXe siècle. Sa naissance est généralement située au début du siècle, probablement vers 810-820, tandis que sa mort est le plus souvent placée en 893. Les dates fournies dans certaines notices varient toutefois.

Issu d’un milieu constantinopolitain cultivé, Photius reçut une formation approfondie en théologie, en philosophie, en droit et en littérature. Avant son élévation au patriarcat, il exerça des fonctions civiles à la cour impériale et enseigna. Il était réputé pour son érudition, son éloquence et sa connaissance de la tradition grecque chrétienne.

Les patriarcats et les conflits ecclésiastiques

Photius devint patriarche de Constantinople en 858, après la déposition d’Ignace. Son accession, intervenue dans un contexte de tensions entre le pouvoir impérial, les groupes ecclésiastiques et les partisans d’Ignace, fut contestée. La question provoqua une crise durable entre Constantinople et Rome, souvent désignée comme le schisme photien.

Un concile réuni à Constantinople en 867 condamna le pape Nicolas Ier, notamment à propos de la juridiction sur la Bulgarie et de certaines divergences doctrinales. La situation changea après l’arrivée au pouvoir de Basile Ier : Photius fut déposé en 867 et Ignace rétabli. Le concile de 869-870 condamna alors Photius, avant que l’évolution politique et la mort d’Ignace ne permettent son retour au patriarcat en 877. Son second patriarcat prit fin après l’avènement de Léon VI, vers 886.

Œuvre et postérité

Photius laissa une œuvre considérable. Sa Bibliothèque, ou Myriobiblon, rassemble des notices et des résumés de nombreux ouvrages chrétiens et profanes, dont plusieurs sont aujourd’hui perdus. Les Amphilochia traitent de questions théologiques et exégétiques, tandis que la Mystagogie du Saint-Esprit défend la doctrine grecque dans le débat relatif au Filioque.

Son activité s’inscrit aussi dans le développement des relations entre Byzance, Rome et les populations chrétiennes des Balkans. La tradition orthodoxe le vénère comme saint et le considère comme un défenseur éminent de la théologie et de la culture grecques.

Auteur/autrice

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