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Pietro Bembo (1470-1547)

Identité et milieu

Pietro Bembo est un humaniste, écrivain, philologue et cardinal italien, né à Venise en 1470 et mort à Rome en 1547. Issu d’une famille patricienne vénitienne, il reçut une formation humaniste fondée sur l’étude du latin et du grec. Il appartient à la génération de lettrés qui, à la charnière des XVe et XVIe siècles, contribuèrent à renouveler la culture italienne par la redécouverte des textes antiques et par l’élaboration d’une littérature en langue vulgaire.

Formation et carrière

Bembo étudia notamment à Messine auprès de Constantin Lascaris, puis à Padoue. Il fréquenta ensuite la cour d’Este à Ferrare et séjourna à Urbino, où il entra en relation avec plusieurs figures majeures de la vie intellectuelle italienne. À Rome, il fut secrétaire du pape Léon X entre 1513 et 1519. Après une période consacrée à ses travaux littéraires, il reçut des bénéfices ecclésiastiques et fut nommé évêque de Gubbio en 1529, puis de Bergame en 1530. Le pape Paul III le créa cardinal en 1539. Cette dignité ne fit pas disparaître son activité d’érudit et d’écrivain.

Œuvre et conception de la langue

Bembo joua un rôle déterminant dans la codification de l’italien littéraire. Dans les Prose della volgar lingua, publiées en 1525, il défendit l’imitation des grands auteurs toscans : Pétrarque pour la poésie et Boccace pour la prose. Cette position contribua à faire du toscan littéraire un modèle durable de la langue italienne écrite.

Son œuvre comprend également les Asolani, dialogue consacré à l’amour, ainsi que des poésies en italien et en latin. Il participa à la diffusion de textes de Pétrarque et s’intéressa à l’établissement et à l’interprétation des textes anciens. Son style, marqué par la recherche de l’élégance, de la régularité et de l’imitation des modèles classiques, exerça une influence importante sur la littérature italienne du XVIe siècle.

Place dans l’histoire culturelle

Bien que son activité principale appartienne à la Renaissance et dépasse largement la limite chronologique de 1492, Bembo s’inscrit dans la continuité de l’humanisme développé dans les cités italiennes à la fin du Moyen Âge. Son parcours illustre le passage d’une culture humaniste encore liée aux cours princières et aux institutions ecclésiastiques à une culture littéraire davantage organisée autour de normes linguistiques et de modèles imprimés.

Auteur/autrice

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