À quelle fréquence se lavait-on ?
À quelle fréquence se lavait-on ?
Il n’existait pas une fréquence unique pour toute la société médiévale. Le lavage dépendait du lieu de vie, de la saison, des ressources disponibles, du travail exercé et des habitudes locales. Les personnes se nettoyaient généralement le visage et les mains plus souvent que l’ensemble du corps. Le lavage des mains avant les repas ou après certains travaux était recommandé dans les traités de civilité et les pratiques domestiques, même si son application variait fortement.
Le bain complet pouvait être pris dans une cuve, chez soi, dans un établissement de bains ou parfois dans une rivière. Dans plusieurs villes d’Occident, les bains publics furent particulièrement présents entre le XIIe et le XIVe siècle. Ils accueillaient hommes et femmes selon des règles variables, et servaient aussi de lieux de sociabilité. Cependant, tout le monde n’y allait pas régulièrement : le coût, la distance, le manque de combustible ou les conditions de logement limitaient leur accès. Dans les foyers modestes, on pouvait effectuer une toilette partielle avec une bassine, un linge et de l’eau chauffée.
La propreté ne reposait pas uniquement sur l’immersion. Le changement de linge, le peignage, le nettoyage des dents et l’entretien des cheveux participaient aussi aux habitudes corporelles. À partir de la fin du Moyen Âge, certaines autorités médicales et morales se méfièrent davantage des bains publics, notamment dans un contexte de peur des épidémies ; cela n’entraîna toutefois ni disparition immédiate des bains ni abandon général de la toilette. Il est donc plus juste de parler d’une hygiène régulière mais inégale, avec des lavages partiels fréquents et des bains complets plus occasionnels.

