Comment étaient fabriquées les chaussures ?
Comment étaient fabriquées les chaussures ?
Au Moyen Âge occidental, les chaussures étaient principalement fabriquées en cuir, obtenu à partir de peaux de bovins, de chèvres, de moutons ou parfois de porcs. Les peaux étaient nettoyées, débarrassées de leurs poils puis tannées afin de les rendre plus résistantes et moins putrescibles. Le cuir destiné aux semelles devait être épais et ferme, tandis que celui de la tige, la partie couvrant le pied, pouvait être plus souple. Des chaussures en tissu ou en matériaux végétaux ont également existé, mais elles étaient moins résistantes et souvent réservées à des usages particuliers.
Une fabrication fondée sur la couture
Le modèle le plus courant pendant une grande partie du Moyen Âge était la chaussure « à semelle retournée ». Le cordonnier découpait les différentes pièces, les assemblait et les cousait avec des lanières de cuir ou du fil poissé. La chaussure était généralement montée à l’envers sur une forme en bois, puis retournée afin que les coutures se retrouvent à l’intérieur. Cette technique protégeait les assemblages et donnait une chaussure relativement souple. La forme en bois permettait aussi d’obtenir des tailles et des silhouettes variées, même si les chaussures étaient souvent peu différenciées entre pied gauche et pied droit.
À partir de la fin du Moyen Âge, les chaussures à semelle cousue ou clouée se développèrent davantage, notamment pour améliorer la solidité. Les semelles pouvaient être renforcées par plusieurs épaisseurs de cuir. Dans les rues boueuses, des patins de bois, appelés parfois socques ou patins selon les régions et les périodes, protégeaient les chaussures de l’humidité et de la saleté. Les chaussures étaient produites par des artisans spécialisés, mais leur qualité variait fortement selon le cuir disponible, le prix et le statut social du porteur. Les modèles décorés, colorés ou très allongés ne représentaient donc qu’une partie de la réalité vestimentaire médiévale.

