Comment la guerre de Cent Ans transforme-t-elle les armées ?
Comment la guerre de Cent Ans transforme-t-elle les armées ?
La guerre de Cent Ans, menée par phases de 1337 à 1453, ne fait pas disparaître d’un coup les armées féodales, mais elle accélère leur évolution. Les souverains mobilisent encore des chevaliers et des contingents fournis par les vassaux, mais ces forces deviennent insuffisantes pour des campagnes longues, des sièges répétés et la défense de territoires étendus. Les rois s’appuient donc davantage sur des soldats engagés pour une durée déterminée, sur des garnisons permanentes et sur des compagnies recrutées selon les besoins.
Le conflit renforce aussi le rôle de l’infanterie et des formations disciplinées. Les archers anglais, notamment équipés du grand arc, peuvent affaiblir les charges de cavalerie lorsqu’ils disposent d’un terrain favorable et d’une bonne organisation. Cela ne rend pas la chevalerie inutile : les hommes d’armes restent essentiels pour le choc, l’exploitation d’une victoire et le commandement. Toutefois, la bataille dépend de plus en plus de la combinaison entre archers, fantassins, cavaliers, fortifications et engins de siège.
La poudre et l’artillerie connaissent enfin des progrès importants, surtout dans la seconde moitié du conflit. Les bombardes puis les canons contribuent à réduire la valeur défensive de certaines murailles, même si leur emploi reste lent, coûteux et techniquement inégal. Pour financer ces moyens, les monarchies développent une fiscalité plus régulière et une administration militaire plus étroite. À la fin de la guerre, l’armée française tend ainsi vers une force royale mieux encadrée et plus durable, tandis que les grandes compagnies autonomes apparaissent davantage comme un problème à contrôler que comme le modèle normal de la guerre.

