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Comment nourrissait-on les animaux en hiver ?

En hiver, les paysans nourrissaient leurs animaux principalement avec des réserves constituées pendant les beaux jours. Le foin, obtenu à partir de prairies ou d’herbes fauchées, était la ressource essentielle pour les bovins, les chevaux, les moutons et parfois les chèvres. Il était séché puis conservé dans une grange, un fenil ou au-dessus de l’étable. La paille servait surtout de litière, mais elle pouvait aussi être consommée, notamment lorsqu’elle était hachée ou mélangée à d’autres aliments. Sa valeur nutritive restait cependant inférieure à celle du foin.

Selon les régions, on donnait également des feuillages et de jeunes branches séchés, appelés parfois fourrage de rameaux. Les feuilles de frêne, d’orme, de saule ou d’autres arbres pouvaient être récoltées en été puis conservées en fagots. Les porcs trouvaient encore une partie de leur nourriture en forêt, notamment des glands et des faînes, lorsque le climat et les droits d’usage le permettaient. Des racines, des pois, de l’avoine, de l’orge ou des restes de récoltes pouvaient compléter la ration, mais les grains étaient précieux et réservés en priorité à l’alimentation humaine ou aux semences.

Les animaux ne recevaient pas tous la même quantité de nourriture. Les bœufs de trait, les chevaux et les vaches allaitantes étaient généralement mieux alimentés, car ils représentaient une force de travail ou une source importante de lait et de viande. Les troupeaux pouvaient sortir lorsque la neige, le gel ou l’état des pâturages le permettaient, mais l’hiver réduisait fortement le pâturage disponible. Dans les années de mauvaise récolte, les réserves s’épuisaient avant le printemps : on abattait alors une partie du bétail, on vendait certains animaux ou l’on utilisait des aliments de moindre qualité. La survie du cheptel dépendait donc étroitement de la récolte de foin et de la capacité à stocker suffisamment de fourrage.

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