Comment rechargeait-on une arbalète ?
Comment rechargeait-on une arbalète ?
Recharger une arbalète médiévale consistait d’abord à tendre de nouveau sa corde, puis à placer un carreau dans la rainure prévue à cet effet. La méthode dépendait surtout de la puissance de l’arme. Les arbalètes légères pouvaient parfois être armées à la seule force des bras : le tireur posait l’arme contre lui ou au sol, puis ramenait la corde jusqu’au mécanisme de détente.
Pour les modèles plus puissants, on employait différents dispositifs. Le crochet de ceinture, fixé à une ceinture ou à un baudrier, permettait d’accrocher la corde et de la tirer vers l’arrière en utilisant le poids du corps. L’étrier placé à l’avant de l’arbalète offrait une autre solution : le tireur y engageait le pied afin de maintenir l’arme au sol pendant qu’il ramenait la corde avec les bras.
Les arbalètes très puissantes nécessitaient un mécanisme. Le cric, ou cranequin, comportait une crémaillère actionnée par une manivelle et permettait de tendre progressivement la corde. Le treuil à deux manivelles, souvent appelé « moufle » ou « windlass » dans les descriptions modernes, remplissait une fonction comparable. Ces systèmes demandaient davantage de temps, mais ils rendaient possible l’armement d’armes dont la tension dépassait largement les capacités physiques ordinaires.
Une fois la corde engagée dans le cran de la noix, le tireur vérifiait généralement son bon positionnement, déposait un carreau contre la corde et l’alignait dans la rainure. La cadence de tir était donc inférieure à celle d’un arc simple, surtout avec les arbalètes les plus puissantes. En revanche, l’arme pouvait rester armée avant le tir et exigeait moins d’entraînement pour maintenir une visée stable.

