Comment teignait-on les tissus ?
Comment teignait-on les tissus ?
Au Moyen Âge, la teinture s’effectuait principalement sur des fibres animales ou végétales avant ou après le tissage. La laine se teignait relativement bien, car elle retient facilement les colorants. Le lin et le chanvre étaient plus difficiles à colorer de manière uniforme, tandis que la soie, surtout dans les régions où elle était disponible, pouvait recevoir des teintes éclatantes. Avant la teinture, les fibres étaient lavées, dégraissées et parfois traitées afin de mieux fixer la couleur.
Des bains colorants et des mordants
Les artisans faisaient macérer ou bouillir des matières colorantes dans de grands récipients. La guède ou pastel fournissait des bleus grâce à une teinture en cuve, la garance donnait des rouges et des roses, tandis que la gaude produisait des jaunes. D’autres ressources étaient utilisées selon les régions : écorces, feuilles, noix, lichens ou insectes, notamment pour certaines teintes rouges précieuses. La couleur obtenue dépendait de la plante, de la saison de récolte, de la qualité de l’eau et de la durée du traitement.
Pour fixer ou modifier les colorants, les teinturiers employaient des mordants, comme l’alun, ainsi que des sels ou des solutions métalliques. Ces substances pouvaient intensifier la teinte, la rendre plus durable ou la faire évoluer vers une autre nuance. On superposait aussi plusieurs bains : un tissu jauni puis plongé dans une cuve bleue pouvait devenir vert, par exemple. Les couleurs les plus régulières et les plus coûteuses exigeaient davantage de matière, de temps et de savoir-faire. La teinture ne produisait donc pas toujours une couleur parfaitement uniforme, et les nuances variaient selon les ateliers et les ressources disponibles.

