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Que faisait un tanneur ?

Au Moyen Âge, le tanneur transformait les peaux animales brutes en cuir, une matière souple, résistante et durable. Les peaux provenaient surtout de bovins, mais aussi de chèvres, de moutons ou de chevaux. Après l’abattage, elles devaient être rapidement débarrassées de la chair, du sang et des poils, puis nettoyées et préparées avant le tannage proprement dit.

Le travail comprenait plusieurs opérations longues et pénibles. Le tanneur faisait tremper les peaux dans l’eau, les raclait pour retirer les restes de chair et de graisse, puis les traitait afin d’éliminer les poils. Il les plaçait ensuite dans des fosses ou des cuves contenant des bains tannants. Dans de nombreuses régions, on employait notamment des écorces riches en tanins, comme celles du chêne. Ces substances empêchaient la peau de se putréfier et lui donnaient les qualités du cuir. Après le tannage venaient le rinçage, le séchage, l’assouplissement et parfois la coloration.

Le tanneur ne fabriquait pas nécessairement tous les objets en cuir. Une fois le cuir préparé, il pouvait le vendre à d’autres artisans, notamment aux cordonniers, selliers, bourreliers, gantiers ou parcheminiers, selon la qualité et l’épaisseur de la matière. Son activité produisait des odeurs fortes et des eaux souillées par les résidus organiques et les produits utilisés. C’est pourquoi les tanneries étaient souvent installées à l’écart des zones d’habitation, fréquemment près d’un cours d’eau. Le tanneur était ainsi un artisan essentiel à la vie urbaine, mais associé à une profession salissante et fortement réglementée.

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