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Que signifie « serf » ?

Au Moyen Âge occidental, un serf est une personne juridiquement non libre, soumise à un seigneur et attachée à une terre ou à une seigneurie. Le mot vient du latin servus, qui signifie « esclave » ou « serviteur ». Toutefois, le servage médiéval ne se confond pas exactement avec l’esclavage antique ou avec la traite d’êtres humains : le serf n’est généralement pas considéré comme un simple bien meuble que son propriétaire pourrait vendre séparément de la terre.

Le serf exploite souvent une tenure, c’est-à-dire une parcelle dont il tire une partie de ses moyens de subsistance. En échange de la protection et du droit d’usage de cette terre, il doit acquitter des redevances, fournir des journées de travail ou accomplir certains services. Sa liberté est limitée par des obligations particulières : dans certaines régions et à certaines périodes, un mariage, un départ ou une transmission de biens peuvent être soumis à l’autorisation ou au prélèvement du seigneur. Ces règles varient fortement selon les coutumes locales et les siècles.

Il est donc inexact de qualifier tous les paysans médiévaux de serfs. Beaucoup sont libres, même s’ils doivent eux aussi payer des taxes ou des redevances. Le servage désigne avant tout un statut juridique et social, non un niveau de pauvreté. À partir du bas Moyen Âge, il recule dans plusieurs régions d’Europe occidentale, mais il ne disparaît ni partout au même moment ni selon les mêmes modalités.

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