Une armure arrêtait-elle une arbalète ?
Une armure arrêtait-elle une arbalète ?
Oui, une armure pouvait arrêter un carreau d’arbalète, mais elle ne le faisait pas systématiquement. Le résultat dépendait de la puissance de l’arme, de la distance, de l’angle d’impact, de la forme du carreau et de la qualité de la protection. Une arbalète légère tirée à distance contre une armure de plates bien ajustée n’avait pas les mêmes effets qu’une arbalète lourde utilisée à courte portée.
La protection offerte par les différents types d’armure
La cotte de mailles protégeait efficacement contre les coupures, mais elle était moins adaptée aux projectiles puissants : un carreau pouvait déformer les anneaux, les rompre ou transmettre un choc important au corps. Un vêtement matelassé porté dessous réduisait toutefois les blessures et absorbait une partie de l’impact.
À partir des derniers siècles du Moyen Âge, les armures de plates offraient une meilleure résistance. Le métal courbe et incliné pouvait faire dévier un carreau, tandis que les plaques épaisses des zones vitales étaient plus difficiles à perforer. Les parties moins protégées — jointures, aisselles, visière, gorge ou membres — restaient vulnérables. Même lorsqu’il ne traversait pas la plaque, le carreau pouvait provoquer une contusion, une fracture ou une chute.
Il est donc inexact de dire qu’une arbalète traversait toujours une armure, comme de prétendre qu’une armure rendait invulnérable. Sur un champ de bataille, la distance, la fatigue, la densité des tirs et les angles d’impact comptaient autant que la seule puissance de l’arme. Une bonne armure de plates pouvait arrêter ou dévier certains carreaux, mais aucune protection médiévale ne garantissait une sécurité absolue.

