Utilisait-on du coton ?
Utilisait-on du coton ?
Utilisait-on du coton ?
Oui, mais le coton resta longtemps une matière peu courante en Europe occidentale. Durant le haut Moyen Âge, les populations européennes utilisaient surtout la laine, le lin, le chanvre et, pour les plus riches, la soie. Le coton était connu grâce aux échanges avec le monde méditerranéen et les régions islamisées, où sa culture et son filage étaient davantage développés. Il arrivait sous forme de fibres brutes, de fils ou d’étoffes déjà tissées.
À partir du Moyen Âge central, son usage se développa dans les zones méridionales et dans les grands centres commerciaux. La péninsule Ibérique, l’Italie du Sud, la Sicile et certains ports méditerranéens étaient mieux placés pour recevoir ou produire du coton. Des textiles appelés futaines associaient souvent le coton à une autre fibre, notamment le lin, et pouvaient servir à confectionner des vêtements, des doublures, des coiffes ou des éléments de literie. Le mot désignait toutefois des tissus de compositions variées selon les lieux et les périodes : il ne faut donc pas assimiler toute futaine à une étoffe entièrement cotonnière.
Dans le nord et l’intérieur de l’Europe, le coton demeurait généralement importé, coûteux et moins accessible que la laine ou le lin. Il pouvait apparaître dans les garde-robes aisées, mais il ne remplaça pas les matières locales. Les représentations médiévales et les textes montrent donc une présence réelle, surtout à la fin du Moyen Âge, sans faire du coton un textile quotidien pour l’ensemble de la population. L’idée d’un vêtement médiéval couramment fabriqué en coton relève davantage d’une généralisation moderne que de la réalité historique.

