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Resafa (Syrie)

Identification et localisation

Resafa est un ancien établissement fortifié de Syrie intérieure, connu dans les sources grecques et latines sous le nom de Sergiopolis et, dans la tradition arabe, sous celui d’al-Ruṣāfa ou al-Rusafa. Le site correspond à l’actuelle Rusafa, également transcrite Ar Ruşāfah, dans une région aujourd’hui rattachée au centre-nord de la Syrie, à l’ouest de l’Euphrate et au sud-ouest de Raqqa. Il se trouve dans une zone steppique, en marge des espaces agricoles permanents de la vallée de l’Euphrate.

L’identification entre Resafa, Sergiopolis et l’actuelle Rusafa est solidement établie pour le site antique et médiéval. Le toponyme moderne reprend toutefois une forme ancienne largement diffusée dans le monde arabe et ne doit pas être confondu avec les autres localités portant le nom de Rusafa ou de Resafa.

Nature et statut au Moyen Âge

Au Moyen Âge, Resafa fut à la fois une ville fortifiée, un centre religieux et un point de contrôle des circulations entre la Syrie intérieure, la Haute-Mésopotamie et les abords de l’Euphrate. Son développement initial dans l’Antiquité tardive était lié au culte de saint Serge, martyr chrétien dont le sanctuaire fit de la ville un important lieu de pèlerinage. La cité prit alors le nom de Sergiopolis et reçut de vastes constructions monumentales, dont les vestiges dominent encore le site.

Après la conquête islamique de la Syrie au VIIe siècle, la ville conserva une fonction urbaine et stratégique. Elle apparaît dans la documentation arabe sous le nom de Rusafa, tandis que la mémoire de son passé chrétien demeura attachée à ses sanctuaires et à ses monuments. Sa position dans la steppe lui donnait une importance particulière pour les itinéraires reliant les centres syriens aux régions de l’Euphrate, même si les formes précises de son administration et l’étendue de son territoire ont varié selon les périodes.

Repères chronologiques

La cité connut une transformation majeure durant l’Antiquité tardive, lorsque le sanctuaire de saint Serge favorisa son essor religieux et monumental. Elle fut ensuite intégrée aux territoires gouvernés par les pouvoirs musulmans issus de la conquête de la Syrie. À l’époque abbasside, Rusafa est attestée comme résidence et lieu de séjour princier : le calife Hisham ibn ʿAbd al-Malik, mort en 743, y avait fait établir une résidence, ce qui confirme l’importance politique du site dans la Syrie intérieure.

La ville resta fréquentée au cours des siècles médiévaux, mais son rôle diminua progressivement. Les sources ne permettent pas de fixer ici avec précision les étapes de son déclin ni de déterminer une date unique d’abandon. Les murailles, les édifices religieux et les installations hydrauliques conservés témoignent néanmoins d’une occupation durable dans un environnement particulièrement aride.

Auteur/autrice

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