Richard II (roi d’Angleterre, 1367-1400)
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Richard II, roi d’Angleterre (1367-1400)
Origines et accession au trône
Richard II naît en 1367 à Bordeaux, d’où son surnom de Richard de Bordeaux. Il est le fils d’Édouard, dit le Prince Noir, fils aîné du roi Édouard III, et de Jeanne de Kent. À la mort de son père, en 1376, il devient l’héritier présomptif de la couronne. Il succède à son grand-père Édouard III en 1377, alors qu’il est encore mineur, et reçoit également la seigneurie d’Irlande.
Le gouvernement du royaume est d’abord exercé sous la surveillance de grands seigneurs et de conseillers. Le jeune roi est couronné à Westminster en 1377. Son règne s’inscrit dans le contexte de la guerre de Cent Ans, des difficultés financières de la monarchie et des tensions croissantes entre la couronne, la noblesse et les communautés urbaines et rurales.
Un règne marqué par les crises
En 1381, une révolte de grande ampleur, souvent appelée révolte des paysans, atteint Londres. Les insurgés réclament notamment la fin de certaines contraintes seigneuriales et une réforme de la justice. Richard II rencontre leurs représentants et promet des concessions, avant que le mouvement ne soit réprimé. Cet épisode contribue à renforcer l’image d’un souverain capable de s’adresser directement à ses sujets, mais il révèle aussi la fragilité de l’ordre politique.
Dans les années suivantes, le roi cherche à affirmer son autorité face aux principaux magnats. En 1387-1388, un groupe de seigneurs connu sous le nom de Lords Appellant impose une limitation du pouvoir royal et écarte plusieurs proches du souverain. Richard reprend progressivement le contrôle du gouvernement à partir de 1389. Cette phase, souvent désignée comme son « gouvernement personnel », s’accompagne d’une politique de centralisation et d’une mise en valeur de la majesté royale.
Déposition et mort
Les relations avec une partie de la noblesse se détériorent de nouveau à la fin des années 1390. L’exil d’Henri Bolingbroke, fils de Jean de Gand, puis la confiscation de ses biens après la mort de son père provoquent une crise décisive. En 1399, Bolingbroke revient en Angleterre, rassemble des soutiens et contraint Richard II à abandonner le pouvoir. Celui-ci est déposé au profit de son cousin, devenu le roi Henri IV.
Richard II est ensuite maintenu en captivité. Il meurt en 1400, dans des circonstances qui ont suscité des récits divergents, traditionnellement associés au château de Pontefract. Son règne a durablement marqué l’histoire constitutionnelle et culturelle de l’Angleterre par les débats sur l’autorité monarchique, la légitimité de la déposition et la représentation de la personne royale.

Auteur/autrice
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