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Roman de Mélusine

Identification et nature de l’œuvre

Le Roman de Mélusine est un récit médiéval consacré à la fée Mélusine et à la fondation légendaire de la lignée des Lusignan. Il relève du roman chevaleresque et lignager : l’histoire merveilleuse de son héroïne sert à expliquer l’origine, la grandeur et les destinées d’une famille noble. Le récit associe ainsi motifs féeriques, aventures de chevalerie, alliances matrimoniales, fondations seigneuriales et mémoire dynastique.

Dans la présente notice, la mention de Coudrette permet d’identifier plus précisément une version versifiée du récit de Mélusine, généralement distinguée de la version en prose attribuée à Jean d’Arras. Le titre Roman de Mélusine peut toutefois désigner, de manière générale, l’une ou l’autre de ces traditions narratives ; il ne suffit donc pas à lui seul à déterminer une rédaction particulière.

Titres et attribution

Le texte est attesté ou désigné sous plusieurs formes : Mellusigne, Mellusine, Melusigne, Histoire de Lusignan, Li livres de Lusignan, Livre de la vie de Mellusigne, Livre de Lusignan ou de Parthenay et Livre de Parthenay. Ces variantes mettent l’accent tantôt sur la figure surnaturelle de Mélusine, tantôt sur les lignages de Lusignan ou de Parthenay auxquels le récit est associé.

L’œuvre est traditionnellement attribuée à Coudrette, poète de langue française dont le nom apparaît dans la tradition manuscrite et éditoriale du récit. Cette attribution concerne la version en vers et doit être séparée de celle du récit en prose composé par Jean d’Arras. Les informations disponibles ici ne permettent pas de préciser davantage la biographie de Coudrette ni les circonstances exactes de sa rédaction.

Contexte médiéval et portée

La version de Coudrette est habituellement située au début du XVe siècle, dans le prolongement de l’intérêt des cours aristocratiques pour les récits d’origine dynastique. Mélusine y représente une figure liminaire, à la fois épouse, mère fondatrice et être surnaturel. Le récit repose sur une interdiction liée à sa nature féerique : sa transgression entraîne la séparation des époux et inscrit le merveilleux au cœur de la mémoire familiale.

La diversité des titres souligne la double portée de l’œuvre. Elle est à la fois l’histoire d’une femme merveilleuse et un récit de légitimation des maisons nobles auxquelles la tradition rattache Mélusine. Sa transmission témoigne ainsi de la circulation, à la fin du Moyen Âge, de récits mêlant généalogie légendaire, imaginaire féerique et représentation du pouvoir seigneurial.

Auteur/autrice

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