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Saladin

Identité et origines

Saladin, ou Ṣalāḥ al-Dīn Yūsuf ibn Ayyūb, est un souverain musulman d’origine kurde, fondateur de la dynastie ayyoubide. Né à Tikrit en 1137 ou 1138 et mort à Damas en 1193, il fut successivement homme d’administration, chef militaire et sultan d’Égypte et de Syrie. Son nom est transcrit de diverses manières dans les langues européennes : Saladino, Saladinas, Saladīns ou Saladinu.

Ascension politique

Saladin fit carrière sous l’autorité de son oncle Shīrkūh, général au service de Nūr al-Dīn, souverain zengide d’Alep et de Damas. Envoyé en Égypte, il lui succéda comme vizir du califat fatimide en 1169. En 1171, il mit fin au califat fatimide et rétablit la reconnaissance du calife abbasside de Bagdad, intégrant l’Égypte dans l’orbite politique et religieuse sunnite.

Après la mort de Nūr al-Dīn en 1174, Saladin étendit progressivement son autorité à la Syrie, à la Haute Mésopotamie et à une partie de la péninsule Arabique. Cette politique ne fut pas seulement dirigée contre les États latins d’Orient : elle visait aussi à réunifier les territoires musulmans et à consolider le pouvoir ayyoubide face aux héritiers et aux anciens serviteurs de Nūr al-Dīn.

La lutte contre les États latins

Saladin est surtout connu pour ses campagnes contre le royaume de Jérusalem et les autres États issus des croisades. Le 4 juillet 1187, il remporta la bataille de Ḥaṭṭīn, victoire décisive qui entraîna la capture du roi Guy de Lusignan et l’effondrement d’une grande partie de la puissance militaire franque. Jérusalem se rendit à Saladin en octobre de la même année. La ville fut généralement épargnée par les massacres qui avaient accompagné sa conquête par les croisés en 1099, même si les conditions imposées aux habitants furent diverses selon leur statut et leurs moyens.

La prise de Jérusalem provoqua la troisième croisade, menée notamment par Richard Cœur de Lion. Les affrontements et les négociations aboutirent en 1192 à un accord qui laissa Jérusalem aux musulmans tout en garantissant aux pèlerins chrétiens l’accès aux lieux saints et en maintenant une présence franque sur une partie du littoral.

Mémoire

Saladin mourut à Damas le 4 mars 1193. Son empire fut partagé entre ses proches, tandis que la dynastie ayyoubide conserva une influence majeure en Égypte et en Syrie. Les sources musulmanes et chrétiennes ont construit de lui des images parfois contrastées, mais son courage militaire, son sens politique et sa réputation de clémence envers certains adversaires ont durablement marqué la mémoire médiévale et moderne.

Auteur/autrice

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