Şanlıurfa (Şanlıurfa, Turquie)
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Şanlıurfa
Identification et localisation
Şanlıurfa, également connue sous les formes Urfa et Édesse, est une ville historique de Haute-Mésopotamie, dans le sud-est de l’actuelle Turquie. Elle se situe à proximité de la plaine de Harran, dans une région de contact entre la Syrie du Nord, la Mésopotamie septentrionale et les hautes terres anatoliennes. Le toponyme moderne Şanlıurfa ne doit toutefois pas être confondu sans précaution avec une circonscription médiévale portant exactement ce nom.
Dans les sources et l’historiographie relatives au Moyen Âge, l’établissement est principalement identifié à Édesse, en grec Édessa, et à Urfa ou al-Ruhā en contexte arabe et islamique. La forme française « Édesse » renvoie à l’ancienne cité dont la continuité urbaine est généralement associée à l’actuelle Şanlıurfa.
Le lieu au Moyen Âge
Édesse fut un centre urbain important de Haute-Mésopotamie. Sa position en faisait un point de rencontre entre les espaces byzantin, syrien, arménien et islamique. La ville était également un foyer majeur du christianisme syriaque et conserva une forte présence chrétienne au cours du Moyen Âge, parallèlement à l’implantation de pouvoirs et de populations musulmanes.
La cité passa sous domination arabe au VIIe siècle, après les conquêtes musulmanes de la Syrie et de la Haute-Mésopotamie. Elle fut ensuite intégrée, selon les périodes, à différents ensembles politiques régionaux. Au début du XIe siècle, elle revint dans l’orbite de l’Empire byzantin, avant de devenir un centre de pouvoir arménien dans le contexte des transformations politiques de la Haute-Mésopotamie.
Le comté d’Édesse
À la suite de la première croisade, Édesse devint en 1098 le centre du comté d’Édesse, l’un des États latins établis au Proche-Orient. Ce comté ne se réduisait pas à la ville : il comprenait un territoire mouvant, dont l’étendue et les dépendances varièrent selon les rapports de force avec les principautés voisines, les pouvoirs musulmans et l’Empire byzantin. Édesse constituait néanmoins son principal siège politique et militaire.
La ville fut prise en 1144 par Zengi, événement qui entraîna la disparition du premier État latin constitué en Orient et contribua au déclenchement de la deuxième croisade. Après cette conquête, Édesse demeura un lieu important de la Haute-Mésopotamie, mais son statut politique ne fut plus celui d’une capitale comtale latine.
Évolution du nom
Les formes Édesse, Urfa, al-Ruhā et Şanlıurfa correspondent à des traditions linguistiques et historiques différentes. « Édesse » est la désignation héritée de l’Antiquité et largement employée dans les études historiques européennes ; « Urfa » est la forme turque courante issue de la tradition régionale. L’adjectif « Şanlı », ajouté au nom moderne, appartient à l’époque contemporaine et ne désigne pas une réalité institutionnelle médiévale.

Auteur/autrice
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