Savoie-Achaïe
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Savoie-Achaïe
Origine et constitution de la branche
Les Savoie-Achaïe constituent une branche cadette de la maison de Savoie, établie dans le Piémont entre le début du XIVe siècle et 1418. Leur origine dynastique remonte à Thomas III de Savoie, fils de Thomas II, auquel fut destiné l’apanage piémontais. La branche prend véritablement forme avec son fils Philippe, qui adopte la désignation de Philippe de Piémont puis de Philippe de Savoie-Achaïe.
En 1301, Philippe épouse Isabelle de Villehardouin, héritière de la principauté d’Achaïe. Cette alliance explique le nom sous lequel la lignée est généralement connue. Philippe porte le titre de prince d’Achaïe, mais il est dépossédé de cette principauté par son suzerain le 5 juin 1306. Le 11 mai 1307, il reçoit en compensation le comté d’Albe. La possession du titre d’Achaïe demeure ainsi liée à la mémoire dynastique de la famille, sans que celle-ci ne conserve durablement l’autorité effective sur la principauté.
L’apanage de Piémont
Le principal domaine des Savoie-Achaïe est l’apanage de Piémont. Celui-ci s’étend dans l’espace compris entre le Pô, Pignerol, la Doire Ripaire et Turin. Pignerol en devient le centre politique et résidentiel. La famille contrôle également plusieurs châteaux et places fortes, parmi lesquels la forteresse de Fossano, qui participe à son implantation territoriale.
Les membres de la branche sont parfois désignés comme « de Piémont », en référence à leur apanage. Leur position ne se réduit toutefois pas à celle de simples représentants locaux de la maison comtale de Savoie. Sur le plan juridique et théorique, la branche possède une autonomie propre. Dans les faits, les comtes de Savoie interviennent lorsque les intérêts de la maison aînée ou l’équilibre politique de ses territoires sont menacés.
Relations avec la maison de Savoie
Les rapports entre les deux branches alternent entre coopération dynastique et affrontement. La crise la plus grave survient sous Jacques de Savoie-Achaïe. Celui-ci conteste notamment les dispositions d’un accord relatif au Canavais après n’avoir obtenu aucun avantage dans le testament du comte Aymon de Savoie. Il établit une taxe sur les marchandises provenant de Savoie et fait exécuter deux représentants du comte.
Le comte Amédée VI de Savoie réagit militairement. Les biens de Jacques sont confisqués jusqu’au règlement du conflit par le traité du Bourget, conclu le 2 juillet 1362. Cet épisode illustre la dépendance politique de la branche piémontaise malgré son autonomie juridique : les Savoie-Achaïe disposent d’un apanage, d’une administration et d’une identité dynastique propres, mais ne peuvent durablement s’opposer à la puissance de la branche aînée.
La famille entretient aussi des liens avec plusieurs principautés et sièges ecclésiastiques. Parmi ses membres figurent Amédée, évêque de Maurienne, Thomas, évêque de Turin et d’Aoste, ainsi qu’Édouard, évêque de Belley et de Sion puis archevêque de Tarentaise. Éléonore de Savoie-Achaïe épouse Manfred V, marquis de Saluces, tandis que d’autres unions rapprochent la lignée des maisons de Montferrat et du Palatinat du Rhin.
Fin de la lignée et devenir de l’apanage
Après Philippe Ier, la seigneurie de Piémont passe notamment à Jacques, puis à Philippe II, à Amédée et à Louis de Savoie-Achaïe. Amédée, mort en 1402, laisse plusieurs filles, dont deux seulement lui survivent. Louis, dernier seigneur de Piémont issu de la branche légitime, épouse Bonne de Savoie, sœur d’Amédée VIII, comte puis duc de Savoie.
Louis de Savoie-Achaïe meurt en 1418 sans héritier mâle. Cette disparition met fin à la branche principale des Savoie-Achaïe. Amédée VIII récupère alors l’ancien apanage de Piémont pour la branche aînée et l’érige en principauté. La continuité familiale ne disparaît cependant pas entièrement : Louis avait eu un fils illégitime, Louis de Savoie-Raconis, à l’origine de la branche des Savoie-Raconis, également associée à Racconigi.

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