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Sévère d’Antioche

Identité et formation

Sévère d’Antioche (vers 465-538) est un théologien et un évêque chrétien de l’Orient romain, considéré comme l’une des principales figures des Églises opposées au concile de Chalcédoine. Il est généralement présenté comme originaire de Sozopolis, en Pisidie. Sa formation comprend l’étude du droit à Berytus, l’actuelle Beyrouth, ainsi qu’un séjour à Alexandrie. Après sa conversion au christianisme, il adopte la vie monastique et s’engage dans les controverses christologiques qui divisent alors l’Empire romain d’Orient.

Patriarche d’Antioche

En 512, Sévère devient patriarche d’Antioche avec le soutien de l’empereur Anastase Ier. Il défend une christologie conforme à la tradition de Cyrille d’Alexandrie et refuse de reconnaître le concile de Chalcédoine de 451, qui avait affirmé la définition des deux natures du Christ. Dans les sources chalcédoniennes, cette position est souvent qualifiée de monophysite ; les traditions qui se réclament de Sévère la rattachent plutôt à la théologie miaphysite, selon laquelle l’unité du Christ doit être confessée à partir de l’union de sa divinité et de son humanité.

Le changement de politique impériale après l’avènement de Justin Ier entraîne sa déposition en 518. Sévère se réfugie alors en Égypte, où il demeure une autorité majeure pour les chrétiens non chalcédoniens. Il meurt en 538. Sa mémoire est particulièrement importante dans la tradition syriaque orthodoxe, qui le vénère comme un défenseur de la foi et comme un maître théologique.

Œuvre et postérité

Sévère a laissé une œuvre abondante, principalement composée de lettres, d’homélies, de traités théologiques et de textes polémiques. Une grande partie de cette production est conservée en traduction syriaque, tandis que les textes grecs ne subsistent souvent que de manière fragmentaire. Ses écrits commentent les décisions conciliaires, répondent aux adversaires chalcédoniens et précisent la doctrine de l’unité du Christ. Il est également associé à une importante tradition liturgique et hymnographique.

Son influence s’exerce au-delà de son épiscopat : ses œuvres ont contribué à structurer la théologie, la liturgie et l’identité institutionnelle des communautés syriaques non chalcédoniennes. La tradition qui lui est attachée a toutefois été transmise dans des contextes confessionnels différents, ce qui explique la diversité des appellations et des interprétations de sa pensée.

Auteur/autrice

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