Sharafnāmah
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Sharafnāmah
Identification et titre
Le Sharafnāmah est une œuvre poétique persane attribuée à Nizāmī Ganjavī (Ǧalāl al-Dīn Abū Muḥammad Ilyās b. Yūsuf, 1141-1209). Son titre est également transcrit Sharaf-nāma ou Sharafnāmah, formes qui correspondent à la translittération variable du persan. Le mot sharaf signifie notamment « honneur » ou « noblesse », tandis que nāmah désigne un livre ou un récit.
Nature et place dans l’œuvre de Nizāmī
Le Sharafnāmah constitue la première partie de l’Iskandarnāmah, vaste poème consacré à Alexandre le Grand. Il s’inscrit dans la tradition de l’épopée romanesque persane, qui associe récit historique légendaire, exploits guerriers, réflexion politique et représentation du souverain idéal. La seconde partie de l’Iskandarnāmah est généralement désignée sous le titre Iqbalnāmah ou Khiradnāmah; ces deux ensembles forment toutefois un cycle distinct du seul Sharafnāmah.
Dans cette composition, Alexandre apparaît comme un conquérant, un roi universel et une figure de savoir. Le récit transforme la matière alexandrine en une œuvre littéraire persane élaborée, où l’histoire légendaire du héros est intégrée à des enjeux de gouvernement, de justice et de sagesse. Le Sharafnāmah ne doit donc pas être assimilé sans précaution à d’autres ouvrages persans portant un titre voisin, notamment des livres généalogiques, historiques ou biographiques appelés eux aussi Sharafnāmah.
Attribution, langue et contexte
L’attribution à Nizāmī Ganjavī est solidement établie dans l’histoire de la littérature persane. L’œuvre appartient au contexte intellectuel et poétique de l’Iran médiéval de la fin du XIIe siècle, période au cours de laquelle le persan littéraire connaît un développement majeur dans les cours et les milieux lettrés. Elle est composée en persan versifié et relève de la forme du mathnawī, adaptée aux récits longs par l’emploi de distiques à rimes successives.
La notice documentaire ne fournit pas de datation précise pour la composition du Sharafnāmah. Son rattachement à Nizāmī permet néanmoins de le situer dans la période d’activité de ce poète, sans qu’il soit nécessaire d’en fixer ici l’année exacte. Par sa version de la légende d’Alexandre et par la qualité de sa langue poétique, l’œuvre occupe une place importante dans la constitution de l’épopée narrative persane.

Auteur/autrice
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