Sigismond (empereur germanique, 1368-1437)
- 430 words
Sigismond de Luxembourg
Origines et accession au pouvoir
Sigismond de Luxembourg, né en 1368 et mort en 1437, fut roi de Hongrie, roi de Germanie, roi de Bohême et empereur des Romains. Fils de l’empereur Charles IV et frère de Venceslas de Luxembourg, il appartenait à la dynastie de Luxembourg, qui occupa une place majeure dans la politique de l’Empire et de l’Europe centrale à la fin du XIVe et au début du XVe siècle.
Son mariage avec Marie de Hongrie lui permit d’affirmer ses droits sur la couronne hongroise. Après une période de conflits, il fut reconnu roi de Hongrie en 1387. Son règne y fut marqué par la consolidation progressive de l’autorité royale, par les rivalités nobiliaires et par la menace ottomane. La défaite chrétienne de Nicopolis, en 1396, révéla les difficultés de la défense du royaume et de la coopération entre les puissances latines.
Roi des Romains et empereur
Élu roi des Romains en 1410, puis de nouveau reconnu en 1411, Sigismond chercha à restaurer l’autorité monarchique dans l’Empire et à renforcer la position de sa dynastie. Il fut couronné empereur à Rome en 1433. Son gouvernement s’appuya sur d’intenses négociations avec les princes, les villes et les puissances ecclésiastiques, dans un Empire où l’autorité impériale demeurait étroitement dépendante des équilibres politiques régionaux.
En 1415, il acquit également la couronne de Bohême, à la suite de la mort de son frère Venceslas. Cette succession fut contestée par une partie de la noblesse et de la population, notamment dans le contexte de la réforme religieuse associée à Jan Hus. Les guerres hussites, qui éclatèrent après 1419, opposèrent durablement Sigismond aux forces réformatrices de Bohême. Plusieurs expéditions militaires impériales échouèrent, et la reconnaissance de son autorité en Bohême ne fut que progressive.
Le concile de Constance
Sigismond joua un rôle central dans la convocation et le fonctionnement du concile de Constance, réuni de 1414 à 1418. Le concile mit fin au Grand Schisme d’Occident par l’élection de Martin V en 1417. Sigismond contribua ainsi à la restauration de l’unité institutionnelle de l’Église latine, tout en cherchant à utiliser cette assemblée pour affermir son prestige et son influence politique.
Son règne illustre les tensions entre monarchie impériale, pouvoirs princiers, revendications nationales et réformes religieuses. À sa mort, la succession passa à Albert de Habsbourg, son gendre, ouvrant une nouvelle phase de la compétition dynastique au sein de l’Empire.

Auteur/autrice
root@sd-146999.dedibox.fr
