Simone da Trento (1472-1475)
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Simone da Trento (1472-1475)
Identité
Simone da Trento, également appelé Simonino di Trento ou Simon von Trient, est un enfant dont la mort, survenue à Trente en 1475, donna lieu à une accusation de meurtre rituel dirigée contre la communauté juive locale. Les informations certaines sur sa naissance et sa famille sont limitées. L’indication d’une naissance en 1472 repose sur la tradition qui lui attribue environ trois ans au moment de sa mort.
La mort et les accusations
Le corps de Simone fut découvert à Trente à la fin du mois de mars 1475, dans un canal ou un espace lié à une maison appartenant à des Juifs. Des membres de la communauté juive furent alors accusés de l’avoir enlevé et tué pour utiliser son sang dans des rites de la Pâque. Cette accusation reposait sur un préjugé ancien, dépourvu de fondement, selon lequel les Juifs commettraient périodiquement des meurtres rituels d’enfants chrétiens.
L’enquête fut menée dans un climat de forte agitation religieuse et politique. Plusieurs Juifs furent arrêtés et soumis à la torture, qui produisit des aveux conformes aux accusations. La procédure aboutit à des condamnations à mort et à la persécution de la communauté juive de Trente. Les autorités ecclésiastiques et civiles ne constituèrent pas un front uniforme, mais la promotion du dossier par l’évêque Johannes Hinderbach contribua fortement à la diffusion de l’affaire.
Culte et mémoire
Le récit de la mort de Simone se répandit rapidement grâce à la prédication, aux récits imprimés et aux représentations de son prétendu martyre. Son corps fut conservé et vénéré à Trente, tandis que l’enfant était présenté comme un martyr chrétien. Cette dévotion participa à la diffusion européenne de la légende du meurtre rituel et à l’aggravation des persécutions antijuives à la fin du Moyen Âge.
À l’époque moderne et contemporaine, l’affaire de Trente est devenue un cas majeur dans l’étude de l’antijudaïsme médiéval, des procès extorqués sous la torture et de la fabrication des cultes locaux. L’Église catholique a finalement supprimé le culte liturgique de Simon de Trente au XXe siècle et a cessé de le présenter comme un martyr.

Auteur/autrice
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