Vajrabodhi (0671-0741)
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Vajrabodhi
Identité
Vajrabodhi (671-741), également transcrit Wajrabodhi et connu en chinois sous le nom de Jingangzhi (金剛智), est un moine bouddhiste indien et un maître majeur du bouddhisme ésotérique dans la Chine des Tang. Son nom sanskrit signifie « Sagesse du Vajra », le vajra désignant à la fois l’arme rituelle et un symbole de la connaissance indestructible. Les formes de son nom en russe, ukrainien et coréen correspondent à des translittérations modernes de cette même figure.
Formation et transmission
Originaire de l’Inde, Vajrabodhi reçut une formation monastique et étudia les doctrines et les pratiques rituelles du bouddhisme mahāyāna et tantrique. Les traditions le rattachent à la transmission de l’enseignement ésotérique indien vers l’Asie du Sud-Est et la Chine. Son parcours s’inscrit dans les échanges religieux et intellectuels qui reliaient alors les monastères de l’Inde, de Ceylan, des royaumes maritimes d’Asie du Sud-Est et de l’empire chinois.
Au début du VIIIe siècle, Vajrabodhi se rendit en Chine, où il entra en contact avec la cour des Tang et avec les milieux monastiques de la capitale. Il y enseigna des méthodes de méditation, des rites de consécration, des formules sacrées et des pratiques liées aux divinités tantriques. Son activité contribua à l’établissement d’une tradition ésotérique chinoise qui allait prendre une importance particulière sous le règne de l’empereur Xuanzong.
Rôle dans le bouddhisme ésotérique chinois
Vajrabodhi est généralement considéré, avec Śubhakarasiṃha et Amoghavajra, comme l’un des principaux transmetteurs du bouddhisme ésotérique indien dans la Chine des Tang. Il participa à la traduction et à l’interprétation de textes rituels et doctrinaux, tout en formant des disciples capables de poursuivre cette transmission. Le moine Amoghavajra fut son disciple le plus célèbre et devint à son tour une figure centrale du bouddhisme ésotérique chinois.
L’importance de Vajrabodhi tient moins à la création d’une école autonome qu’à son rôle d’intermédiaire entre les traditions rituelles indiennes et leur adaptation au contexte chinois. Sa présence favorisa l’intégration de pratiques tantriques dans les institutions bouddhiques de l’empire et contribua à la constitution de ce que les historiens désignent souvent comme le bouddhisme ésotérique des Tang.

Auteur/autrice
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