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Vie de saint Thomas Becket

Identification et nature de l’œuvre

La Vie de saint Thomas Becket est un récit hagiographique en ancien français consacré à Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry et martyr, assassiné en 1170. L’œuvre est généralement attribuée à Guernes, ou Garnier, de Pont-Sainte-Maxence. Les formes « Guernes de Pont-Sainte-Maxence » et « Garnier de Pont-Sainte-Maxence » désignent le même auteur dans la tradition de classement de l’œuvre.

Il s’agit d’une vie versifiée, composée en octosyllabes à rimes suivies. Le texte rapporte les principales étapes de la carrière de Thomas Becket, son accession à l’archevêché de Cantorbéry, son opposition au roi Henri II d’Angleterre, son exil, son retour et son assassinat. Comme dans d’autres récits hagiographiques médiévaux, l’événement historique est présenté à la lumière du martyre et de la sainteté du personnage.

Auteur et datation

L’attribution à Guernes de Pont-Sainte-Maxence est largement reçue. Le poète se présente comme un clerc originaire de Pont-Sainte-Maxence, mais les indications biographiques qui le concernent demeurent limitées. La langue de l’œuvre appartient au domaine d’oïl et présente des traits associés à l’aire septentrionale, sans qu’il soit nécessaire d’en faire une œuvre exclusivement anglo-normande.

La composition est postérieure à la mort de Thomas Becket et proche de sa canonisation, intervenue en 1173. Elle est habituellement située dans les années 1170, souvent vers 1172-1174. Cette fourchette demeure une datation de convenance plutôt qu’une date précisément établie par un témoignage explicite.

Titres et portée médiévale

L’œuvre peut être désignée sous les titres Vie de saint Thomas Becket, Vie de saint Thomas Becket par Garnier de Pont-Sainte-Maxence ou, dans des formes abrégées, Vie de s. Thomas Becket. Ces variantes renvoient à une même œuvre, et non à plusieurs récits distincts identifiés avec certitude.

Par sa proximité chronologique avec les événements, la Vie constitue un témoignage important sur la diffusion en langue vernaculaire du culte de Thomas Becket. Elle participe à la transformation d’un conflit politique et ecclésiastique en récit de sainteté, tout en contribuant à faire connaître la figure du martyr auprès d’un public ne lisant pas nécessairement le latin. Son intérêt est ainsi à la fois littéraire, religieux et historique.

Auteur/autrice

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