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Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres

Identification et titres

Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres est une œuvre historiographique et doxographique grecque consacrée aux principaux philosophes de l’Antiquité. Elle est traditionnellement attribuée à Diogène Laërce, dont l’identité et la biographie demeurent toutefois mal établies. Le titre grec est généralement transcrit Peri biōn, dogmatōn kai apophthegmatōn tōn en philosophiai eudokimēsantōn, c’est-à-dire « Des vies, des doctrines et des apophtegmes de ceux qui se sont illustrés dans la philosophie ».

L’œuvre est également désignée, selon les éditions et les traditions de traduction, sous les titres Vies des philosophes, Vies et doctrines des philosophes, Vies et sentences des plus illustres philosophes, Histoires philosophiques ou encore Vie et opinions de ceux qui se sont illustrés dans la philosophie et collection résumée des doctrines de chaque école. Ces variantes renvoient à la même œuvre, mais mettent l’accent tantôt sur les biographies, tantôt sur l’exposé des doctrines et des sentences.

Nature et organisation de l’œuvre

Composée en grec et répartie en dix livres, l’œuvre associe la biographie philosophique, l’histoire des écoles et la compilation de traditions doctrinales. Diogène Laërce rapporte des notices sur des philosophes allant des figures archaïques et classiques jusqu’à des représentants de l’époque hellénistique. Les récits de vie y côtoient des listes de maîtres et de disciples, des anecdotes, des maximes, des témoignages littéraires et des résumés d’enseignement.

L’ouvrage ne constitue pas une histoire critique de la philosophie au sens moderne. Il rassemble des traditions de nature diverse, parfois contradictoires, et conserve ainsi des informations qui ne sont connues que par lui, notamment pour certaines écoles et certains auteurs. Sa valeur documentaire tient autant à ses notices qu’à la transmission de fragments, de catalogues et de témoignages aujourd’hui perdus.

Datation et portée médiévale

La composition appartient à l’Antiquité impériale, probablement aux premiers siècles de notre ère, mais sa datation précise n’est pas assurée. L’œuvre n’est donc pas médiévale par sa composition. Elle possède néanmoins une importance pour l’histoire intellectuelle du Moyen Âge tardif en raison de sa conservation manuscrite et de sa redécouverte progressive dans le contexte de l’humanisme.

Une traduction latine fut réalisée par Ambrogio Traversari au XVe siècle. Cette version contribua à rendre l’œuvre plus largement accessible aux lecteurs occidentaux et participa au renouvellement de la connaissance des écoles philosophiques antiques avant la fin du Moyen Âge. La tradition médiévale et humaniste de l’œuvre a ainsi joué un rôle dans la transmission de la mémoire doxographique de l’Antiquité.

Auteur/autrice

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