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Wu Zetian

Identité et accession au pouvoir

Wu Zetian (vers 624-705) est une souveraine chinoise de la dynastie des Tang, puis la fondatrice de la brève dynastie des Zhou. Elle est la seule femme de l’histoire impériale chinoise à avoir assumé officiellement le titre d’empereur en son propre nom. Son nom est également transcrit Wu Zhao ou Wu Ze-tian.

Entrée jeune à la cour impériale, elle fut d’abord concubine de l’empereur Taizong des Tang. Après la mort de celui-ci, elle rejoignit le palais de son successeur, l’empereur Gaozong, dont elle devint l’épouse. Elle acquit progressivement une influence considérable dans la conduite des affaires de l’Empire, tandis que la santé de Gaozong se dégradait. Après la mort de ce dernier, en 683, elle exerça le pouvoir derrière ses fils, les empereurs Zhongzong et Ruizong, qu’elle fit successivement déposer.

Le règne des Zhou

En 690, Wu Zetian prit officiellement le titre d’empereur et proclama la dynastie des Zhou, interrompant temporairement la succession des Tang. Son gouvernement s’appuya sur une administration centralisée et sur la promotion de fonctionnaires dont la carrière dépendait davantage des examens et du service de l’État que de leur naissance. Elle favorisa l’extension du système des examens impériaux, afin de renforcer l’autorité du pouvoir central et de limiter l’influence des grandes familles aristocratiques.

Son règne fut également marqué par une politique de surveillance et de répression. Des fonctionnaires chargés d’enquêter sur les opposants et de poursuivre les complots contribuèrent à consolider son pouvoir, mais laissèrent l’image d’un gouvernement parfois impitoyable. Les sources postérieures, souvent rédigées dans un contexte hostile à une femme exerçant la souveraineté, ont accentué certains aspects négatifs de son règne.

Politique, religion et héritage

Wu Zetian accorda une place importante au bouddhisme, qui fournit une légitimation religieuse à son accession au trône. Elle soutint des institutions et des communautés bouddhiques et encouragea des interprétations présentant son règne comme conforme à un ordre cosmique nouveau. Dans le même temps, l’administration impériale continua de fonctionner selon les traditions politiques des Tang.

En 705, âgée d’environ quatre-vingts ans, elle fut contrainte d’abdiquer lors d’un mouvement de cour qui permit le retour de Zhongzong et de la dynastie des Tang. Elle mourut la même année. Son règne demeure discuté : il est associé à une forte centralisation de l’État et à la promotion de nouvelles élites administratives, mais aussi à des méthodes de gouvernement coercitives. Sa mémoire a longtemps été façonnée par des récits écrits par des adversaires politiques, avant d’être réévaluée par l’historiographie moderne.

Auteur/autrice

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