Yaḥyā ibn Ḥabaš Šihāb al-Dīn al- Suhrawardī (1154-1191)
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Yaḥyā ibn Ḥabaš Šihāb al-Dīn al-Suhrawardī
Identité et parcours
Yaḥyā ibn Ḥabaš al-Suhrawardī, également appelé Šihāb al-Dīn Abū al-Futūḥ al-Suhrawardī et al-Maqtūl (« le tué »), est un philosophe et mystique musulman du XIIe siècle. Il est généralement daté de 1154 à 1191. Son surnom al-Maqtūl le distingue notamment d’autres membres de la famille ou de la tradition intellectuelle des Suhrawardī.
Originaire de Suhraward, dans la région de Zanjān, il reçoit une formation philosophique et théologique dans plusieurs centres savants, notamment à Marāgha et à Iṣfahān. Il voyage ensuite en Anatolie et en Syrie. À Alep, il entre en relation avec la cour du prince ayyoubide al-Malik al-Ẓāhir Ghāzī. Sa pensée originale et ses prises de position suscitent toutefois l’hostilité de certains juristes et théologiens. Il meurt à Alep en 1191, dans des circonstances rapportées de manière diverse par les sources médiévales, mais généralement présentées comme une mise à mort sur ordre du pouvoir.
La philosophie de l’illumination
Al-Suhrawardī est le fondateur de la philosophie de l’illumination, ou ḥikmat al-išrāq. Cette doctrine réélabore des éléments de la philosophie grecque, de la falsafa islamique, de la théologie et de traditions spirituelles iraniennes. Elle décrit la réalité comme une hiérarchie de lumières, au sommet de laquelle se trouve la Lumière des lumières. Les êtres et les degrés de connaissance sont définis selon leur proximité ou leur éloignement à l’égard de cette source.
À la démonstration rationnelle, al-Suhrawardī associe une connaissance intuitive et spirituelle, obtenue par la purification de l’âme et l’illumination intérieure. Il ne rejette pas la logique et l’argumentation, mais leur assigne une place au sein d’une démarche plus vaste, où l’expérience de la connaissance joue un rôle essentiel.
Œuvres et postérité
Son œuvre principale est le Kitāb Ḥikmat al-išrāq (« Livre de la sagesse de l’illumination »). Il a également composé des traités philosophiques en arabe, notamment les Talwīḥāt, les Mušāriʿ wa-muṭāraḥāt et les Ḥikmat al-ʿArš, ainsi que des récits symboliques en persan. Ces textes mettent en scène le voyage de l’âme, l’exil spirituel et l’accès à une connaissance supérieure.
La pensée de Suhrawardī exerce une influence durable sur la philosophie islamique, particulièrement en Iran. Elle est commentée et intégrée à des synthèses ultérieures, notamment dans la tradition philosophique et mystique qui se développe autour de l’école de Shīrāz.

Auteur/autrice
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