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Yūsuf wa Zulayḫā

Identification et titre

Yūsuf wa Zulayḫā est un poème narratif persan de ʿAbd al-Raḥmān ibn Aḥmad Nūr al-Dīn Ǧāmī, plus couramment appelé Jāmī (1414-1492). Le titre signifie « Joseph et Zulayḫā » et renvoie au récit coranique de Joseph, auquel la tradition islamique et persane a associé la figure de Zulayḫā, épouse du maître égyptien de Joseph dans les récits exégétiques et littéraires. La notice enregistre également les graphies Yûsuf va Zulayhâ et Yūsuf wa Zulayḫā, ainsi qu’une forme mentionnant Jāmī : « djâmî, yûsuf va zulayhâ ». Cette dernière relève de l’identification de l’auteur plutôt que d’un titre distinct.

Nature et contexte

L’œuvre appartient au genre du maṯnawī, poème composé de distiques à rimes suivies, forme majeure de la poésie narrative persane. Elle s’inscrit dans la littérature persane de l’époque timouride et dans la production spirituelle de Jāmī, poète, lettré et penseur soufi. Le récit de Joseph y est traité comme une histoire d’amour dont la portée peut être à la fois narrative, morale et mystique : l’amour humain devient le support d’une réflexion sur le désir, l’épreuve, la beauté et l’élévation spirituelle.

Yūsuf wa Zulayḫā constitue l’un des sept poèmes réunis par Jāmī dans le Haft Awrang (« Les Sept Trônes »), ensemble majeur de la poésie persane tardive. Il ne faut toutefois pas confondre le titre de ce poème avec les nombreuses autres œuvres persanes ou islamiques consacrées à Joseph et Zulayḫā : le motif a donné lieu à une tradition littéraire étendue, dont les textes ne sont pas nécessairement apparentés par leur composition ou leur transmission.

Auteur, langue et datation

L’attribution à Jāmī est solidement établie. L’œuvre est rédigée en persan et appartient à la dernière période de la vie du poète, au XVe siècle. Elle est généralement datée des années 1480, souvent de 1483, mais cette datation précise n’est pas fournie par les données d’identification retenues ici. Sa transmission relève principalement de la circulation manuscrite des œuvres de Jāmī dans les milieux lettrés persanophones. Son importance tient à la combinaison d’une matière scripturaire largement connue, d’une narration amoureuse et d’une interprétation spirituelle caractéristique de la poésie persane soufie.

Auteur/autrice

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