ʿAbd al-Raḥmân ibn Muḥammad Ibn H̱aldūn (1332-1406)
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ʿAbd al-Raḥmân ibn Muḥammad Ibn H̱aldūn
Vie et carrière
ʿAbd al-Raḥmân ibn Muḥammad Ibn H̱aldūn, généralement appelé Ibn H̱aldūn, naît à Tunis en 1332 et meurt au Caire en 1406. Issu d’une famille d’origine andalouse établie au Maghreb, il reçoit une formation approfondie dans les sciences religieuses, la langue arabe, le droit et la philosophie. Sa vie se déroule dans les principaux centres politiques du Maghreb et de l’Égypte, au milieu des rivalités qui opposent les dynasties hafside, mérinide, ʿabd al-wādide et nasride.
Ibn H̱aldūn exerce successivement des fonctions de secrétaire, de conseiller, de diplomate et de magistrat. Il sert plusieurs souverains et connaît une existence politique mouvementée, faite de déplacements, d’alliances et de périodes de retrait. En 1375, il se retire quelque temps à Qalʿat Ibn Salāma, dans l’actuelle Algérie, où il commence la rédaction de son œuvre historique majeure. Installé ensuite en Égypte, il enseigne au Caire et devient plusieurs fois grand cadi de rite mālikite. En 1401, il rencontre Tamerlan lors du siège de Damas.
Œuvre historique
Son œuvre principale est le Kitāb al-ʿIbar, ou Livre des enseignements, une histoire universelle consacrée notamment aux Arabes, aux Berbères et aux dynasties du Maghreb. L’introduction générale de cet ouvrage, connue sous le nom de Muqaddima, est devenue son texte le plus célèbre. Elle expose une réflexion systématique sur les conditions de formation, de développement et de déclin des sociétés et des États.
Ibn H̱aldūn insiste sur la nécessité de soumettre les récits historiques à un examen critique. Il étudie la cohérence des témoignages, les contraintes économiques et géographiques, ainsi que les rapports entre le pouvoir, la fiscalité, la production et la guerre. Son analyse accorde une place centrale à la ʿasabiyya, solidarité de groupe qui permet à des communautés, notamment tribales, d’acquérir le pouvoir avant de s’affaiblir sous l’effet de la prospérité et de la vie urbaine.
Postérité
La pensée d’Ibn H̱aldūn a été diversement interprétée. Elle est souvent présentée comme une préfiguration de l’histoire sociale ou de la sociologie, mais elle appartient d’abord au cadre intellectuel du XIVe siècle islamique, marqué par le droit, la théologie, la philosophie et l’expérience politique du Maghreb. Son œuvre demeure une source essentielle pour l’étude des sociétés maghrébines et une contribution majeure à la réflexion sur l’écriture de l’histoire.

Auteur/autrice
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