Comment s’éclairait-on la nuit ?
Comment s’éclairait-on la nuit ?
Au Moyen Âge, l’éclairage nocturne reposait d’abord sur le feu domestique. Dans les habitations, le foyer apportait une lumière diffuse, en plus de la chaleur et de la possibilité de cuisiner. Lorsque les flammes étaient faibles, on utilisait des tisons ou des bûches résineuses, mais cette pratique produisait de la fumée et présentait un risque d’incendie.
Les éclairages portatifs étaient principalement les lampes à huile, les chandelles et les torches. Les lampes contenaient généralement une huile végétale ou animale dans un petit récipient muni d’une mèche. Les chandelles pouvaient être fabriquées avec du suif, moins coûteux mais fumant et odorant, ou avec de la cire d’abeille, plus propre et plus lumineuse. Cette dernière était relativement chère et restait donc davantage associée aux églises, aux cérémonies et aux milieux aisés. Des mèches de jonc enduites de graisse, parfois appelées « chandelles de jonc », offraient aussi une solution simple et peu coûteuse.
Dans les rues, l’obscurité demeurait généralement importante. On pouvait employer des torches lors d’un déplacement, d’une cérémonie ou pour accompagner une personne, mais il ne s’agissait pas d’un éclairage urbain permanent comparable à celui des villes modernes. Les lanternes, souvent garnies d’une matière translucide comme de la corne, protégeaient la flamme du vent. La plupart des activités cessaient donc après la tombée de la nuit, sauf dans les lieux accueillant des voyageurs, les ateliers travaillant tardivement, les monastères et certains espaces de pouvoir. La lumière était précieuse : on la surveillait, on économisait le combustible et l’on limitait les déplacements nocturnes.

